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"Gigi" tire sa révérence

OM-MONACO Mai 1988, dernier match de la carrière d'Alain Giresse. Ses partenaires, ses adversaires, la ville de Marseille et le stade Vélodrome lui rendent un émouvant hommage

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Nous étions assis dans l'herbe tendre du stade Le Cesne en cette fin de matinée du 03 juin 1988, aux côtés de l'un des plus grands joueurs qu'ait connu le football français : Alain Giresse. A un moment, il prit un brin d'herbe, le jeta en l'air en disant : "Tu vois, la vérité, elle sera toujours là, sur le terrain..."

Tel était le titre principal de la page du Provencal qui présentait OM-Monaco, dernier match de la saison, le 4 juin. L'interview d'Alain Giresse occultait la rencontre, qui n'avait plus le moindre enjeu. L'ASM était championne, l'OM pas européen, l'évènement, c'était le dernier match de la carrière de Giresse après 18 ans de professionnalisme.

"J'étais venu à l'OM avec l'ambition de démontrer que j'étais encore à la hauteur, que je ne venais pas juste honorer un contrat. Et en 1987, j'avais même été élu joueur football de l'année, sous le maillot de l'OM, explique l'ancien Girondin, depuis peu nouveau sélectionneur du Mali. J'ai onc fini ma carrière en beauté dans le dynamisme, la ferveur, l'engouement.

"Je me sers toujours du vélo offert par Tapie"

L'OM l'a préparé et moi aussi ; toute la famille, les amis venus de Bordeaux, j'étais rentré le premier sur le terrain, j'étais capitaine avec beaucoup d'émotion. D'ailleurs, quand mon fils Thibault a té lui-même capitaine de Guingamp contre l'OM au Vélodrome en janvier dernier, ça m'a beaucoup touché. Tu espères toujours que ca puisse se dérouler ainsi, mais tu ne peux rien réclamer et quand on te le donne, c'est très émouvant.

 

La veille, Alain avait dîné "Chez Vincent" avec ses partenaires qui lui avaient offert un tableau. " Après le match, il y a eu une soirée chez le Maire, M. Vigouroux, Bernard Tapie m'a offert un vélo dont je me sers toujours. Ce dernier match n'était pas anodin, il y avait tout un ensemble autour, tout a été fait pour qu'il ne soit pas oublié."

Les archives en attestent : "Gigi" avait reçu des cadeaux des groupes de supporters, de mineurs de Gardanne venus avec leur casque sur le terrain, de ses adversaires monégasques dont le capitaine était son copain Jean-Luc Ettori. Le stade était plein.

"Le Vélodrome aura toujours une résonance particulière pour moi. Le coup d'envoi du dernier match des Girondins que je donne à Chaban Delmas (hier), ce n'est pas anodin car c'est là que j'ai fait l'essentiel de ma carrière, mais le Vélodrome est le stade de MO dernier match ; c'est là que j'ai arrêté le football contre Monaco, champion de France face à qui j'avais d'ailleurs disputé mon premier match officiel avec l'OM."

 

"Et merde !

C'est déjà fini !...

Et puis, il y a bien eu un match. "Gigi" avait gagné son premier le 5 août 1986, il fallait gagner le dernier, le 4 juin 1988, 2-0, cette fois-ci. Il allait pourtant rater une occasion en or, sur une inversion des rôles, Papin lui offrant un caviar que "Gigi" mettait au-dessus, "comme l'aurait fait JPP quand il était J'en Peux Plus", écrivions-nous ce soir-là. Mais Alain avait passé le relais à Jean-Pierre et il n'était plus le même homme. Diallo et Eyraud avaient donc signé la victoire.

"J'étais heureux que Patrice Eyraud ait marqué ; il démarrait, dans le même registre que moi, c'était un jeune du club, comme Benoit Cauet. Et c'était un Provencal. A la fin, j'avais été porté en triomphe par "Doudou" Domergue, JPP, mes fils (portant d'élégantes chemises rayées et des gilets marines) étaient venus dans les vestiaires. Un moment qui compte.

"J'ai l'impression de parler de valeurs décalées par rapport au foot d'aujourd'hui, mais c'est humain. Quand j'ai revu José Anigo au Sénégal, c'était pour moi plus que sa fonction à l'OM, c'était une part de mon passage à Marseille. On dirait qu'aujourd'hui, il est de bon ton de ne plus avoir d'émotions, alors qu'il n'y a rien de plus beau que les rapports humains.

"Finir n'est jamais agréable, mais au moins, je ne me suis pas dit : Vite, Vite, il faut que ça finissent ! Non c'était : 'et merde, c'est déjà fini !'"

Lien vers la rencontre >>>

Fiche joueur Alain Giresse >>>

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