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Guidoni assure, Scotti voit triple

NICE-OM 21 mars 1954 : Emmené par Scotti (trois buts) et Ben Barek déchaînés, l'OM crée l'exploit sans Andersson, blessé, remplacé par le jeune "Mimi" Guidoni, futur coach des cadets champions de France en 1979

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C'était une autre époque évidemment. Un autre football, avec un autre règlement. Aucun remplacement n'était autorisé en cours de jeu. Pourtant, les clubs emmenaient toujours un ou deux joueurs supplémentaires en déplacement, au cas où. Et ce fut souvent le cas de Barthélémy Guidoni dans les années 50. Y compris lors de la finale de la coupe de France 1954.

Le Corso-Marseillais né à Martigues a signé à l'OM à la Libération. Il y a été champion du Sud-est juniors avec Mésas, mais il ne va pas connaître la longue carrière de titulaire de l'autre "Mimi". Guidoni est avant-centre et à ce poste-là, en 1950, il voit arriver Gunnar Andersson. "Un gars d'une grande gentillesse, jamais avare d'un encouragement, comme Gunnar Johansson d'ailleurs. Mais il jouait avant-centre et il était meilleur que moi. C'est à la faveur d'un pépin de santé de Gunnar que j'ai pu faire mes débuts, un jour à Saint-Étienne et c'est encore parce que le Suédois était malade, qu'Henri Roessler, notre entraîneur, m'a prévenu dans la nuit, le jour du printemps, à Nice, que j'allais jouer".

Roger Scotti deux fois de la tête

Ce jour-là, il manque non seulement Andersson, mais aussi Johansson et Salem. Et en face, Nice est très fort. D'ailleurs, les Aiglons ratent un penalty en début de match, Cuissard tirant sur le montant. Et l'OM va en profiter par l'intermédiaire de Roger Scotti. "Il a marqué trois buts, alors qu'il n'était pas attaquant, souligne Guidoni, avec admiration. Et pas un seul penalty, alors que c'était sa spécialité.

 

Aujourd'hui, dans un football plus physique, plus puissant, rapide, un joueur tel que Scotti aurait du mal, mais techniquement, c'était un virtuose. Associé à Ben Barek, ça pouvait faire mal."

C'est ainsi que Scotti va tirer parti d'un corner de Mercurio pour marquer de la tête avant la pause. Et c'est Ben Barek qui va doubler la mise, juste avant de rentrer aux vestiaires, sur un centre de Mercurio, raté de justesse par Guidoni. Après une réduction de l'écart par Ujlaki, le Marseilais allait être à l'origine du troisième but, un tir de "Mimi" dévié en corner par Hairabédian, et une nouvelle combinaison du duo Mercurio-Scotti pour un but de la tête de Roger. Après un nouveau but de Ujlaki, Scotti allait clôturer la marque d'un coup franc indirect, donné par Ben Barek, lequel estimait que "le Dieu du sport nous a récompensés aujourd'hui car, vraiment, le penalty qui avait été accordé à Nice était trop sévère".

Le plus heureux était Scotti : "Je n'ai jamais marqué trois buts de ma vie dans un match ; du moins je le suppose. C'est vraiment un beau jour !"

Les compliments de Just Fontaine

Quant à Guidoni, il avait ratéle coche en début de match, tirant à côté puis voyant le gardien niçois arrêter une reprise de la tête. En dépit d'une dernière belle occasion manquée sur la fin, il avait été impliqué sur les troisième et quatrième buts, obtenant un corner et un coup franc décisifs.

 

"En partant, je suis allé à la petite buvette qui était adossée à un mur d'enceinte. Là, il y avait Just Fontaine qui buvait une orangeade avec trois blondes, il avait la cote, Justo. Je suis allé me prendre mon jus de fruit et il m'a lancé : 'C'est bien jeune homme, continuez comme ça !' Il n'était pas encore le Justo aux 13 buts de la coupe du monde 1958, mais c'était quelqu'un ! Le compliment valait cher".

Lassé de sa situation de remplaçant, Guidoni partira ensuite à Grenoble puis Angers, disputant la finale de la coupe de France contre Toulouse. Il a joué encore à Draguignan, il est devenu international FSGT, en jouant en amateur à la Mutuelle Sport, puis il a endossé l'habit d'éducateur, gagnant la coupe nationale des cadets avec l'OM en 1979, avec notamment Michel Flos et Jean-Luc Cassini, voyant passer sous ses ordres la plupart des futurs Minots. À 89 ans, il continue de suivre le foot de loin.

 

Mario Albano

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Lien vers la rencontre >>>

Fiche Barthelemy Guidoni >>>

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