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Pixie : Inoubliables débuts

OM-Nice Juillet 1990 : pas encore prêt, Dragan Stojkovic entre à la pause et enchante le public

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Un seul homme peut il changer la face d'un match ? Question souvent délicate dans un sport collectif. Il est pourtant évident que sans marquer lui-même, ni donner le ballon décisif, Dragan Stojkovic a projeté un trait de lumière suffisant pour transformer l'obscure bataille de la première mi-temps en une succession de mouvements clairs, rapides et souvent déterminants, après son entrée."

En relisant ce que nous avions écrit au soir de ce 21 juillet 1990, nous avons retrouvé les sensations de ce match estival, le premier de la saison pour le double champion de France olympien, privé de Chris Waddle, en phase de reprise après la coupe du monde, face à un OGC Nice de Jean Fernandez opérant en 4-5-1, recroquevillé devant son but, dans un match que l'entrée de Dragan Stojkovic avait totalement transformé, au point de donner l'envie de revoir ces 45 minutes d'un festival qui aura marqué les esprits, de la part d'un joueur acheté très cher à l'Etoile Rouge de Belgrade (Bernard Tapie avait été plus rapide que Silvio Berlusconi), mais donnant tout de suite sa pleine mesure.

Le "nouveau Maradona" préservé

"Après la coupe du monde, j'avais eu quelques vacances et j'étais ensuite parti en stage à la montagne avec Carlos Mozer et Bruno Germain, rappelle Pixie aujourd'hui, en vacances en Floride. Jean-Pierre Bernès m'avait expliqué que je ne jouerai pas d'entrée, parce que le club voulait préserver sa nouvelle star, son "nouveau Maradona". J'étais d'accord, parce que cela me permettait aussi de jauger mon adversaire et de m'imprégner de l'atmosphère du Vélodrome".

 

Un Vélodrome peu satisfait d'une première période très serrée, en dépit de quelques tentatives Cantona. "Après mon entrée, les choses ont changé. Le festival a commencé", se souvient Pixie...

"Dragan, Dragan ! Après vingt petites minutes de jeu, Stojkovic avait mis tout le stade dans sa poche et les Niçois dans leurs petits souliers, effaçant un, deux, voire trois adversaires par ses dribbles déroutants", écrivait Patrick Fancello dans "Le Provencal" du lendemain, pour décrire le changement radical de physionomie après la pause. Avec son numéro 10 à la baguette, l'OM allait finir par marquer, sur une passe de Vercruysse vers Papin. Du classique, cousu main, Mais c'est le reste que l'on a gardé en mémoire : la farandole de prouesses...

 

"Je savais exactement ce que je pouvais donner aux supporters. J'ai essayé d'amener des gestes techniques pour qu'ils se régalent. Sur chaque ballon, je voulais tenter quelque chose de différent, de particulier, une talonnade à Di Meco, un coup franc qui n'est pas passé loin. Je recherchais des gestes magiques. Ca, c'était Pixie..."

"Je m'en souviendrai toute ma vie"

Ajoutons-y un centre sur la tête de Cantona, trouvant la transversale, un autre pour Casoni, un double crochet achevé par une faute adverse et un coup franc, ou une action individuelle où, Dragan, saoulé de coups par des Niçois, finit par donner le ballon, à Germain, en tombant. La magie avait opéré : 24 ans après, ces instants défilent encore sous nos yeux.

Au-delà du 1-0 qui ne devrait pas rester dans les annales, il y a l'émotion d'avoir vu un génie à l'oeuvre. Pour lui aussi, ces 45 minutes sont éternellement gravées.

"C'est quelque chose d'inoubliable, je m'en souviendrai toute ma vie. La charge d'émotion, les supporters très chauds, dans un Vélodrome plein, j'ai encore ça en moi..."

Nous aussi, Pixie. Et nous sommes nombreux..

Mario Albano

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Lien vers la rencontre >>>

Fiche joueur Dragan Stojkovic >>>

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