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Aznar au sommet de son art

OM-NICE 13 septembre 1942 : Manu le canonnier réussit le troisième de ses quatre quintuplés à l'OM, quelques semaines avant ses neuf buts face à Avignon. Une saison de guerre à 45 buts pour lui

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La saison actuelle a vu beaucoup de matches reportés pour cause de "Gilets Jaunes" ou de grand débat. L'histoire nous a pourtant appris qu'en des périodes bien plus troublées, on avait continué de jouer au foot. Il est vrai que pendant la Seconde Guerre mondiale, il était inutile d'envoyer des forces de sécurité sur des manifs ni autour des stades, que les supporters (6 000 au Vélodrome contre Nice) avaient d'autres ennemis que leurs homologues des autres clubs.

Le foot français, entre 1940 et 1945, a surtout valu par la Coupe de France, qui a gardé sa valeur et sa saveur (l'OM a été finaliste en 1940 et lauréat en 1943), tandis que le championnat, noyauté par Vichy, a banni le professionnalisme, rebâti certaines équipes à connotations régionales et que ses compétitions n'entrent pas dans les statistiques officielles pour chaque club. Dommage pour Manu Aznar, qui, au cours de la saison 1942-43 a marqué 45 buts !

Les ouvertures de Donenfeld

Mais, répétons-le, les équipes étaient très perturbées et le championnat offrait parfois des rencontres déséquilibrées. Pour cet attaquant déniché à Sidi Bel Abbès par Charles Elkabbach, l'efficacité n'était pas seulement une question de faible opposition. Il avait ainsi signé un chef-d'oeuvre au Parc des Princes, contre le Racing d'une volée en ciseau de 25 mètres, dès mars 1938...

 

Face à Nice, il allait donc réussir le troisième quintuplé de sa carrière olympienne, après ceux réussis face à Lens en 1940 et Saint-Étienne en 1941. Des vrais clubs, comme le Gym, pas des Cazères ou des Scouts Gapençais. Il en ferait encore un en 1945 contre les Verts. Auquel on peut ajouter deux quadruplés face à Nîmes et Annecy.

Une des meilleures attaques de l'histoire

Il est vrai qu'Aznar bénéficiait aussi des services de son entraîneur-joueur, Friedrich Donenfeld, aux ouvertures millimétrées et des centres de Félix Pironti, deux passes décisives chacun, Aznar se chargeant lui-même d'éliminer trois adversaires pour signer le cinquième. Avant de sortir, victime d'une élongation. Il aurait pu faire mieux.

Paradoxalement, il allait lui arriver la même chose quinze jours plus tard contre Avignon où il devrait sortir, blessé au bout d'une heure. Mais là, il avait déjà marqué neuf des vingt buts de l'OM (20-2), portant son total à 19 buts en six journées ! Mieux que Mitroglou, Gimenez et Cavens réunis dans toute leur carrière à l'OM.

 

Le Soleil écrivait alors : "Le public marseillais a toujours marqué son engouement pour les belles lignes d'attaque. L'OM, cette saison, a retrouvé une attaque de très grande classe qui nous donnera encore de très grandes émotions."

En cette période triste, ces petits plaisirs étaient d'autant plus utiles que deux mois plus tard, la Wehrmacht franchissait la ligne de démarcation et que c'en était fini de la zone libre. Marseille aussi allait être occupée et Donenfeld, juif autrichien, devenir "Donny" pour échapper aux rafles. Il ne jouerait d'ailleurs pas la fameuse finale de la coupe en mai 43 face à Bordeaux où Manu Aznar allait trouer les filets. Avec Georges Dard, Jean Robin aux côtés de Pironti et Aznar, plus Roger Scotti en soutien, l'OM avait bien l'une des attaques les plus efficaces de son histoire.

Mario Albano

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Lien vers la rencontre >>>

Fiche joueur Emmanuel Aznar >>>

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