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Résumé Le Provencal

du 18 novembre 1963

Nouveau faux pas de l'O.M.

sur "son stade vélodrome"

par Maurice FABREGUETTES

Incroyable mais vrai ! Pour les spectateurs du Stade Vélodrome, ils étaient plus de 10.000 hier, l'O.M. est cette équipe qui, sous leurs yeux, a battu Boulogne, s'est incliné devant Montpellier... et a concédé cinq matches nuls.

Soit un passif, déjà impressionnant de moins 7 points.

Certes, cette même équipe a récupéré quatre de ces points en déplacement. Mais il suffit de savoir compter, pour s'apercevoir que le bilan reste nettement déficitaire.

À ce train, qui est de sénateur, O.M. occupera la fin du championnat, l'une des 4 ou 5 dernières places du classement de cette assez modeste deuxième division.

Nous pouvons bien écrire modeste, sans être taxé d'exagération à rebours, après avoir vu jouer : le "leader" Lille, les deux dauphins Sochaux et Le Havre, plus Grenoble et Montpellier qualifiés, eux aussi, d'aspirants à la "montée".

Tout bien considéré, le problème examiné sous ses différents angles, il n'y a pas de quoi être fier à l'issue de cette onzième journée.

Soyez persuadés que nous sommes les premiers désolés de cet état de fait assez peu discutable.

UN BUT DE L'ADROIT STOPYRA

Hier, pourtant, nous avons pu croire, à la mi-temps, que la victoire ne saurait échapper aux Marseillais.

Le F.C. de Grenoble, dont le jeu avait paru aussi élégant qu'inefficace durant les premières 45 minutes, revenait sur le terrain à neuf joueurs valides.

Serra, claqué à la 20e minute, et Donnard blessé dans un choc avec Milazzo, à a 36e minute lui s'apprêtaient à jouer, chacun à une aile le rôle de figurant.

Si la défense grenobloise, au sein de laquelle Lido retrouvait un rôle d'arrière central qui fut le sien à Monaco, il y connut même la consécration internationale, semblait peu affectée par le coup du sort, l'attaquant les visiteurs par contre, était réduite à la portion congrue.

Seul un miracle pouvait permettre à cette ligne d'avants, faites d'un Guillas assez brouillon, d'un Stopyra habile, rusé, mais d'une activité limitée et d'un Azhar dont les défauts ressortirent mieux que les qualités de marquer.

Or, ce miracle produisit à Stopyra d'arriver seul devant Escale et de tromper ce dernier d'un tir très intelligemment placé.

L'O.M. était alors mené par 1 à 0 et il ne restait que 14 minutes à jouer.

L'O.M. ABSOLUMENT INEFFICACE

Mais allez vous dire : "Que faisait l'O.M. pendant tout ce temps ?"

Eh ! bien il dominait et redominait, portant sans cesse la balle dans le camp de l'adversaire.

Malheureusement, pour lui, cette domination ne se traduisait pas au tableau d'affichage.

On pourrait supposer qu'Abad en superforme et chanceux à souhait fut le roi de cette mi-temps, l'infranchissable rempart sur lequel vinrent se briser les assauts de l'O.M.

Même pas !

Le grand gardien grenoblois, si l'on excepte quelques balles hautes, à lui naïvement adressées ce qu'il cueillit comme un arboriculteur ses pommes, n'eut pas à se surpasser.

En tout et pour tout il stoppa, très joliment, un excellent tir de Milazzo et faillit être battu suite à une faute grossière de Ludo.

Ajoutons-y un tir de Peretti qui fit mouche, mais alors que l'actif centre avant de l'O.M. était signalé hors-jeu.

C'est bien peu, même contre une équipe contrainte plus par les circonstances que par le goût, à ferme le jeu.

UN PENALTY SIGNE DOGLIANI

Quant au but du match nul, il fut marqué très habilement d'ailleurs, par Dogliani, sur penalty.

Ce penalty, sifflé par M. Barde, ce maniaque du sifflet, juste après le but de Stopyra ne fut pas du goût des spectateurs qui sifflèrent encore cette décision.

Il est certain que le but de Grenoble n'était pas directement en danger et que la faute, si faute il y a eu, a été commise à la limite de la surface de réparation.

Cela dit, ne soyons pas plus royalistes que le roi. Si M. Barde, mieux placé que nous, à s'estimer que le "bras" de Dereuddre méritait un penalty, il y a eu penalty... et n'en parlons plus.

Après tout, l'O.M. est assez souvent "encaissé" à l'extérieur comme toutes les équipes d'ailleurs, pour avoir droit à une petite compensation chez lui.

En tout cas, il n'y a pas de quoi crier au scandale.

Nous avons déjà vu beaucoup mieux, un peu partout en France... et à l'étranger.

MILAZZO, DOGLIANI ET ESCALE

Que restera-t-il de tout cela ?

Essentiellement que l'O.M. devra reprendre son bâton de pèlerin, pour récupérer un point de plus à l'extérieur.

Tout ce que nous pourrions écrire, sur les joueurs marseillais, après ce nouvel échec, serait place et peine perdues.

Leur bonne volonté est évidente et si leur ensemble ne "tourne" pas rond au Stade Vélodrome d'une manière qui crève les yeux, il n'est pas en notre pouvoir d'y apporter un remède.

Citons, cependant, Milazzo une fois encore meilleur homme de son équipe et Dogliani, pour plusieurs actions dénotant une classe qui ne serait échappée aux aveugles.

Escale, irréprochable s'il eut peu à faire, a confirmé non pas des progrès, on ne progresse pas en si peu de temps, mais sa prise de conscience en ses moyens.

GENOBLE COMME REIMS

Il suffit de regarder jouer Grenoble dix minutes pour deviner que Batteux est son entraîneur.

Grenoble 63-64 imite Reims, c'est certain.

Cette méthode suffira-t-elle à assurer la "montée" des Grenoblois ? Attendons pour voir.

Une chose, cependant, est certaine, cette équipe, fort sympathique au demeurant, ne manque pas de bons joueurs.

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DOGLIANI : "Que d'occasions perdues !"

Dans le vestiaire marseillais, en revenant du terrain, Moulon exhala sa rancoeur. Heureusement que l'arbitre nous a fait un cadeau et qu'escale a arrêté trois tirs terribles !

Dogliani soupirait : "Il est incontestable que les Grenoblois possèdent une bonne équipe, mais nous avons eu de nombreuses occasions que nous n'avons pas su mettre à profit".

Escale remarquait : "Stopyra a marqué parce qu'il a raté son shot, s'il le met bien, il l'envoie directement sur moi !"

Markiewicz constatait : "Nous avons dominé pendant les trois quarts de la rencontre et nous ne sommes pas parvenus à scorer !"

L'entraîneur Jean Robin résuma ses impressions en ces termes : "Les Grenoblois étaient bien organisés en défense et difficile à passer ! Il n'était pas aisé de marquer, mais dans un match pareil, il faut mettre la balle au fond des filets !"

Le président Luciani voulait demeurer serein : "Nous sommes heureux du résultat car nous aurions pu perdre ! Mais cela fait sept points que nous abandonnons à nos adversaires !"

DONNARD : "Le penalty était imaginaire !...".

Dans le camp grenoblois, le mécontentement était général.

Albert Batteux, très gentlemen nous dit simplement : "On ne peut pas dire que les Marseillais aient eu une seule occasion ! Vous avez vu cet arrêt de Markiewicz sur Aznar, c'était du rugby !"

Guillas soulignait : "L'arbitre nous a demandé d'être calmes ! Quand je pense que j'ai eu parfois des avertissements pour des peccadilles alors que l'arbitre ne dit rien contre Markiewicz...".

Dereuddre était "époustouflé" : "C'est incroyable, quand Markiewicz a ceinturé Aznar, celui-ci allait droit au but"

Donnard bien, qui a reçu un coup sur la cuisse, s'exclamait : "Le penalty sifflé contre nous est imaginaire la balle à rebondi sur la main de Fossoud".

Abad s'efforçait de demeurer flegmatique : "Dans un match comme celui-là il ne faut pas s'énerver et nous, nous nous sommes énervés !"

Stopyra constatait : "J'ai eu une possibilité, je ne l'ai pas manquée ! J'ai marqué un but de contre mes anciens coéquipiers ! C'est un peu une tradition générale".

Alain DELCROIX

 

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 (Photo : Collection Personnelle Christian Escale)

 

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