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Résumé Le Provencal

du 06 janvier 1963

 

Au terme d'une rude bataille émaillée d'incidents violents

l'O.M. jouant "à la gironde" remporte, à BORDEAUX

un succès indiscutable

(De notre envoyé spécial : Louis DUPIC)

BORDEAUX (Par téléphone) - À quoi tient le sort d'un match ? Souvent à bien peu de chose. Celui qui opposait l'O.M. à Bordeaux, devant 15.000 spectateurs trop enthousiasmes, se joua peut-être au cours des cinq premières minutes.

En effet, sous une puis fine, intermittente, l'O.M. ayant donné le coup d'envoi, la première attaque bordelaise faillit être une bonne. Dès la première minute, Moreira donna à Robuschi, hors-jeu au point de penalty. Le juge de touche agita son drapeau. M. Bois, l'arbitre, ne le vit pas et refuser ensuite le but obtenu par Robuschi, sous les vociférations du public.

Et les Girondins, au cours des trois minutes suivantes, forcèrent l'O.M. à concéder trois corners, et Moreira eectuait sa première parade difficile sur un coup de tête de Moy.

Dogliani marque

Mais les Dieux étaient pour l'O.M. Sur le dégagement de Moreira, Roy prolongea de la tête dans l'axe du terrain une balle vers laquelle Dogliani se lança. Navarro tenta de l'arrêter, mais le contre fut favorable à Dogliani, qui continua, dribbla Ranouil et marqua dans la cage vide.

Au lieu de mener à la marque comme ils auraient pu, les Girondins étaient menés et allaient devoir se livrer à fond pour rétablir la situation.

Bordeaux domine et égalisé

Entre la 4me minute, ou Dogliani marqua, et la 30me ou Baudet obtint l'égalisation, les Bordelais exercèrent une pression constante, matérialisée par une dizaine de corners consécutifs à des parades désespérées de Knayer, Bruneton, Barellas et Milazzo.

À la 12me minute, les Bordelais réclamaient un penalty pour faute de main de Knayer à la suite d'un tir de Chorda. À la 13me minute, le juge de touche arrêtait une attaque terminée dans les filets de Moreira de façon symbolique par Gori. À la 15me minute, Gori évitait Knayer et envoyer la balle dans les buts marseillais, mais Bruneton survenu en trombe, mettait en corner.

Enfin, à la 30me minute, Tellechea bien balançait Robuschi et c'était le coup-franc donné par Mujic et transformé en but par la tête de Baudet. Et la fête continue... Rial recevait un avertissement, tandis que Robuschi et Moy échouaient de peu.

Roy grâce à Ranouil.

À la 40me minute, l'O.M. allait reprendre l'avantage contre toute attente, Dogliani de la gauche, donnait à Roy dont le tir en "cloche" aurait du être logiquement dévié par Ranouil si ce dernier n'avait imprudemment décidé de contrôler la balle au lieu de boxer comme il se doit lorsqu'elle est glissante, et bien entendu il la lâcha dans sa cage, au gfirand ébahissement général.

Après la pause, survenue peu après, les Girondins se lancèrent à l'attaque et les incidents se multiplièrent.

La peur

Ils devaient éclater avec une rare violence à la 59me minute, ou le public bordelais, par son habitude, modifia le score. Expliquons-nous : lancé par Dogliani, Roy se trouva seul à 40 mètres du but adverse. Il partit avec la balle, se crut hors-jeu et se tourna vers le juge de touche, qui lui fit signe de continuer. Roy démarra de plus belle et signa un joli but. Que se passa-t-il ? M. Bois accorda visiblement le but malgré les protestations des joueurs locaux, après avoir consulté son juge de touche, qui revint à sa place, entouré par les joueurs bordelais. M. Bois pendant ce temps, ramenait la balle au centre, ce que voyant, la foule descendit dans l'arène, entourant est frappant le juge de touche, bousculant M. Bois, qui décida tout simplement qu'il n'y avait pas but. Comment appelez-vous cela ? Nous, nous appellerons de la peur, de la sainte frousse.

Justice imminente

Mais après six minutes d'interruption, la partie reprit, et d'un trait, à la 65me minute donc, Dogliani lança Sansonetti, qui traça un véritable slalom au milieu des Bordelais avant de signer le 3me but marseillais d'un très bon tir croisé.

Sur sa lancée, déchaîné, l'O.M. faillit aggraver la marque, à la 68me minute, au Roy, après un dribble énergie énergique, tirait de peu à côté ; à la 70me minute, ou Roy lança Dogliani, qui plaça un bon tir du gauche, arrêté par Ranouil ; à la 73me, ou une passe remarquable de Dogliani permit à Milazzo de tirer mais également à Ranouil d'arrêter encore.

Les dernières réactions bordelaises furent d'une extrême violence, et Gori, à deux reprises passa très près de la réussite, à la 81me minute, ou il échoua sur Leonetti et Moreira après un cafouillage invraisemblable ; à la 87me minute, d'un tir terrible, paré remarquablement par Moreira. Mais l'O.M. avait gagné et bien gagné.

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L'O.M. plia souvent, mais

ne rompit jamais

BORDEAUX - Le succès de l'O.M. à Bordeaux et de ce qui ne se discutent pas. S'il fallait le faire, il faudrait contester tous les ceux obtenus à l'extérieur par les Girondins, maître, on le sait, en matière de contre-attaque comme auxquelles l'O.M. ne donna une remarquable sens de football réaliste.

Concultons les notes prises en cours de match. Si le jeu se déroula d'une façon courante dans le camp marseillais, à tel point que les Girondins obtinrent 16 corners contre 5, l'équipe locale dominant à outrance et sans aucun doute à cause de cela, ne sut pas se créer en la matière des occasions qui échurent à sa rivale.

On peut donc considérer en gros que l'O.M. joua bien et que Bordeaux joua mal, en abusant notamment des centres aériens, dangereux certes mais sur lesquels Knayer ne fut jamais battu.

Quant à l'O.M., il opéra avec trois hommes constamment en pointe : Dogliani, Sansonetti et roi, qui furent absolument excellents, chacun dans leur manière. Le premier en finesse, le second vitesse, le troisième en puissance.

Chose louable ces hommes ne jouèrent pas en ordre dispersé mais avec le souci constant d'attaquer par le tandem d'une façon extrêmement déterminée.

À cet égard, après le but Dogliani - Sansonetti, il faillit bien y avoir un but au Roy -Dogliani, puis un but Dogliani - Milazzo, ce dernier étend venu de loin en "appelant" la balle il est certain (et ce n'est pas parce que Louis Miro nous la dit, mais parce que c'est visible) que les Marseillais jouèrent enfin avec un système de jeu en attaque et que cela leur réussit.

Derrière ces trois hommes évolua Rial, précieux dans sa précision de passe et de contrôle ; puis le trio Milazzo - Tellechea - Bruneton, qui travailla avec un cur admirable parfois obscurément, mais toujours utilement et efficacement.

Ensuite devant un Moreira inspiré et ne commettant aucune faute, Barellas accrocheur, Knayer impérial comme chaque fois que l'ambiance est houleuse et la partie mouvementée, imbattable de la tête, méprisant le danger, et enfin, à Leonetti qui joua sans aucun doute son meilleur match, absolument irréprochable.

En dehors du fait que l'O.M. on le voit, vit tous les joueurs se surpasser, aussi bien techniquement que moralement et physiquement, et qui caractérisa le match, c'est sa grande violence son âpreté.

Où va-t-on ? Je me le demande...

Il semble que les Girondins soient dressés à faire mal à leur adversaire, jusque et y compris les avants, ce qui est assez rare.

Tous les Marseillais qui rendirent d'ailleurs coup pour coup mais qui ne firent que les rendre, avaient les bats déchirés et les jambes sanglantes.

Équipe de combat et de contre-attaques, les Girondins furent pris à leur propre piège, celui du contre. Pour la bataille ils n'eurent pas toujours le dessus, malgré leurs dons en la matière, et la justice triompha, comme dans les westerns.

Aux girondins : Chorda pour sa décision, Baudet, l'un des meilleurs demis que nous avons vus cette année et enfin Gori, furent les plus en vue, tandis que Ranouil et Robuschi étaient les plus décevants.

IBen qu'il ne faille jamais tirer d'un match de leçon définitive, il faut bien admettre que l'O.M. et sur la bonne voie. Nous espérons que ce sera en plus, bien qu'il soit très tard, celle du salut.

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LUIS MIRO :

"Selon les plans prévus"

BORDEAUX - Couverts de boue, les joueurs marseillais étaient affalés sur les bancs du vestiaire, et Luis Miro Alla les embraser à tour de rôle, en les félicitant chaleureusement et démonstrativement.

Puis il se tourna vers nous :

" C'est une grande satisfaction, pour la presse, pour notre public, pour tout le monde. Aujourd'hui, nous avons joué avec méthode et avec du nerf.

"J'espérais beaucoup des combinaisons rapides que nous avions étudiées à l'entraînement et le résultat obtenu de cette manière me comble de joie."

Serge Roy expliquait son aventure du but refusé pour la dixième fois :

"J'ai hésité. J'ai regardé l'arbitre. Il m'a fait signe de continuer. Navarro me couvrait. Il n'y a pas de doute, nous avons gagné 4 à 1".

Raphael Tellechea :

Les Bordelais sont vraiment méchants. Chaque fois qu'ils disputent la balle, c'est avec l'intention de faire mal".

François Milazzo :

"Après des matches comme ça, aucune importance si on est mort de fatigue. Ce qui importe, c'est d'être fatigué pour quelque chose."

De l'autre coté, Artigas eut un seul mot :

"Nous avons joué comme des ...".

Vous pouvez imaginer n'importe quoi et vous serez près de la vérité.

 

 

 

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