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Résumé Le Provencal

du 30 avril 1962

 

LILLE prit l'avantage à deux reprises, mais

MILAZZO rétablit l'équilibre (2-2)

Beau temps ensoleillé, 15.000 spectateurs autour de la pelouse, mais un O.M. contracté, ayant conscience que le moindre faux pas suffirait à tout remettre en question.

La rencontre commençait par de timides offensives marseillaises, facilement enrayées. Les Lillois, eux, employaient la manière directe, la manière fort.

A la 11me minute, Petakovic prenait Alauzun de vitesse et décochait un tir tendu qui passait au-dessus.

À la 20me minute, c'est Tison qui, de 20 mètres, contraignait Moreira à une envolée spectaculaire. C'était un avant-goût de ce qui allait suivre.

Thétard

marque pour Lille

Quelques minutes plus tard (24me), Moulon et Fatoux tombaient en se disputant la balle à 15 mètres du but de l'O.M. Fatoux se relevait le premier et tirait. Moreira, sans doute surpris, essayait de capter la balle au lieu d'éloigner du poing, mais ne pouvait la conserver et Thétard survenu à toute allure, marquait de volée...

Trois minutes ne s'étaient pas écoulées que Petakovic passait Alauzun, mais Moreira lui plongeait courageusement dans les jambes.

Peu après, un bon centre de Dogliani était raté par Jacquet et Lille se tirait péniblement d'affaires.

Deux loupés...

et Milazzo égalise

L'O.M. allait égaliser sur un double loupé lillois... Stakowiak commença par adresser vers sa surface de réparation un heading qui ne voulait pas envoyer de ce côté. Zamparini tenta intervenir mais rata lui aussi sa frappe. Milazzo pris la balle au bond et égalisa.

Contre toute attente, l'O.M. faillit même mener 2 à 1 à la pause, car Konieska expédia à Jacquier un véritable tir... qui passa d'un cheveu à côté !

C'était la mi-temps.

Lille reprend l'avantage

Après quelques tentatives de l'O.M., Milazzo notamment tirant de peu à côté, Petakovic redonna l'avantage à Lille.

Partir à la limite du hors-jeu, international yougoslave partit sur l'aile droite, dribbla Alauzun revenu vers lui et poussa doucement la balle ou Moreira ne l'attendait pas. Du travail soigné qui semblait sonner le glas des espérances marseillaises.

À notre sens, Lille, qui était tout à fait capable de marquer un troisième but, eut le tort de vouloir conserver, à tout prix son mince avantage.

Tison et Thetard se joignirent à leurs défenseurs ; mais il restait près de 40 minutes à jouer. Elles furent âpres et heurtées mais l'O.M. en raison du placement des lillois, fut maître de la balle et du terrain.

Milazzo à nouveau

Malgré sa nervosité et sa maladresse, l'attaque marseillaise se rua à l'assaut sans relâche. Milazzo à deux reprises puis Lefevre ratèrent de peu légalisation. Les crocs en jambes et les coups francs se succédaient à la cadence d'un part minute.

Il restait neuf minutes à jouer. Lefevre réussit à centrer de la tête. En s'y reprenant à deux fois, Milazzo, le gagneur, réussit à envoyer la balle dans la cage. L'attaque locale était ainsi récompensée, non de son habilité manoeuvrière, mais de son courage.

La rencontre finit par un début de pugilat entre des adversaires énervés et épuisés.

Louis DUPIC

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L'O.M. D'OTTO GLORIA

TOUJOURS INVAINCU EN CHAMPIONNAT

MAIS NON SANS MAL, NI PEINES

L'invincibilité de l'O.M. en championnat, depuis la prise de pouvoir d'Otto Gloria, n'a tenu hier qu'à un fil.

À neuf minutes de la fin, lorsque menée par 2 à 1, et l'on voyait assez mal comment les Olympiens, contractés et pour cette raison maladroits, réussiraient à égaliser.

C'est alors que, du sein d'une mêlée, Milazzo si reprenant à deux fois, put enfin tromper Jacquier.

Une position encore forte

Deux à deux, un point préservé... Tout était donc assez bien qui ne finissait pas trop mal.

Avec deux points d'avance sur Besançon, la position de l'O.M. reste encore très forte.

Mais on voit déjà poindre, à l'horizon de cette fin de championnat, un O.M. - Besançon le 20 mai au Stade Vélodrome qui ne manquera pas de piquant.

À moins, qu'entre-temps, les Marseillais de réaliser l'exploit d'aller gagner à Valenciennes.

Rick Van Looy, lui-même !

Il serait trop simple, après ce demi échec, de tomber à coups de phrases raccourcies sur cette O.M. quelconque.

Comme tout ce qui est trop simple, ce serait mauvais et inutilement méchant.

Il ne faut pas oublier que cette équipe vient de gagner 17 points en 10 matches, de redresser une situation qui paraissait désespérée et qu'à ce titre elle a bien droit à une petite défaillance.

Rick Van Looy, lui-même n'est pas toujours égal à sa réputation

Quand les nerfs craquent

D'autant que l'O.M. a été en grande partie, trahi par ses nerfs.

Il faut tout de même se mettre à la place des joueurs.

Depuis deux mois et demi déjà ils doivent livrer bataille chaque dimanche. Leur position, la publicité ayant accompagné leur monter en flèche au classement, en fond des "hommes à abattre" pour toutes les équipes appelées à les rencontrer.

Pareil régime finit par être éprouvant et pour les muscles et surtout pour les nerfs.

À quelques journées de l'arrivée, d'une arrivée que l'on voudrait victorieuse, toutes ces raisons sont multipliées par l'importance de l'enjeu.

Des fautes visibles

à l'oeil nu

C'est humain et les joueurs professionnels ne sont que des hommes.

Alors, n'insistons pas trop lourdement sur les multiples fautes commises hier.

Nous ne sommes pas aveugles. Comme tout le monde, nous avons compté les mauvaises passes, les erreurs de placement ; la faillite de la tactique défensive du hors-jeu ne nous a pas échappé, tout comme la désespérante lenteur des échanges et l'impuissance manifeste par certains joueurs pour passer la vitesse supérieure.

Tout cela n'a été que trop réel hier, trop visible, pour pouvoir être caché.

"Ne jouons pas

aux quilles"

Répétons-le, le match nul obtenu finalement par l'O.M. a été à notre avis chanceux. Mais avant de "jouer aux quilles" avec les Olympiens les plus malheureux, il faut laisser à ces jeunes gens le temps de se racheter.

Le championnat de football ne se joue pas sur une seule rencontre.

D'autres plus glorieux que les Marseillais, les Nîmois de Kader Firoud par exemple, ne nous contredira pas.

On ne doit pas oublier non plus que l'équipe lilloise n'est pas étrangère à la déception éprouvée par les 15.000 personnes présentes au Stade Vélodrome.

Le bon vieux L.O.S.C. compte encore dans ses rangs, quelques dogues, pas tellement inoffensifs.

En défense, ou Jacquier ne commit pas de faute, Zamparini, vif et rapide, fut excellent, de bout en bout, parfaitement épaulé par l'ex-Rémois Baratto.

En attaque, le petit Tison domina le match, au centre du terrain, en première mi-temps, tandis que Petakovic se mis en valeur par sa couverture de balle, son flegme et son sens du jeu.

La façon dont il marqua le second but de son équipe, après avoir "promené" Alauzun était un modèle du genre.

D'autre part, Fatoux, un peu émoussé, semble-t-il, Blazin et Thetard ont une valeur nullement négligeable.

Le L.O.S.C. a sportivement joué son rôle d'arbitre ; on ne saurait lui en tenir rigueur.

Un festival de crocs

Dernière remarque : tous les records te crocs en jambes ont certainement été battus au cours de cette rencontre.

Nous ignorons qui a commencé : mais il nous a bien semblé que les 20 joueurs (nous excluons les deux gardiens) y ont mis du leur.

Si l'O.M. - Besançon se joue de la même façon, c'est un arbitre de choc il faudrait désigner pour diriger ce débat.

Maurice FABREGUETTES.

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Jean BARATTE : "Nous aurions dû gagner, c'est simple !"

Ils n'étaient pas content, les Lillois après la rencontre.

Avant de passer sous la douche, ils durent tout d'abord subir un sérieux "savon" de la part de l'entraîneur Jean Baratte.

"C'est incroyable de perdre un match de la sorte ! Vous avez joué comme des gamins !" leur dit l'ex-buteur tricolore.

Ce dernier, qui a encore une bonne quinzaine de kilos de trop pour retrouver son poids de forme, devait nous dire un peu plus tard :

"C'est très simple, nous devions gagner. Les arrières en fait des fautes qui nous ont coûté deux buts idiots et les arbitres nous ont achevés. C'est toujours et partout pareil, les arbitres ne peuvent pas nous voir. Dommage, car notre équipe vaut mieux que son classement."

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M. Zaraya :

"Petakovic est très fort"

Pas trop de désillusions dans le vestiaire marseillais, tant il est certain qu'on ne peut gagner toutes les rencontres.

M. Zaraya, pensif : "Ce Petakovic, quelle classe, tout de même ! Pourtant lors du match allait, il ne s'était pas imposé irrésistiblement !"

Quant à Raphaël Tellechea, il trouvait que le jeune Thetard avait une "grosse tête". Si vous ne le comprenez pas, faites-vous le traduire par un footballeur.

 

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