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Résumé Le Provencal

du 02 novembre 1959

 

L'O.M. battu, sans gloire, par les modestes cannois( 2-1)

Inefficaces, les Marseillais dominent

mais ne peuvent égaliser devant leurs adversaires, réduits à neuf

(D'un de nos envoyés spéciaux : Louis DUPIC)

Un après midi de printemps, deux équipes jeunes, alertes, pleine de bonne volonté, une bonne assistance garnissant le vieux stade des Hespérides, sur lequel ondulent les feuillages des palmiers, tout chantait la douceur de vivre dans le meilleur des mondes footballistiques.

Moins d'une heure après, les milliers de Cannois, auparavant enclins à une douce euphorie, avaient la bave aux lèvres, conspuaient les joueurs marseillais et le service d'ordre, prudent, dépliait entre le vestiaire et le terrain un curieux couloir articulé ressemblant étrangement à ceux qui permettent, au cirque, aux lions d'entrer dans leur cage.

Il avait suffit d'un rien, d'un accrochage entre Molla et Lachot, un grand garçon au faciès chevalin qui n'a rien d'un enfant de choeur, pour que le brave public azuréen soit envahi par une sourde mais inexplicable colère.

Il rendit plus tard les visiteurs responsables (mais oui !)d'un choc si violent entre le gardien Pachis et l'arrière central Bérando que les deux hommes durent être ramenés au vestiaire...

Un exploit de Tillon

Tout avait bien commencé pour l'OM qui caracolait, sous l'impulsion de Peri, Bruneton, Molla, Tillon et Farmanian.

Les Cannois faisaient très juniors et usaient d'une curieuse tactique, de longs coups de pied, que... personne ne suivait... Aussi, à la 9e minute, Farmanian adressait une longue ouverture à Tillon qui partait sur la droite, prenait Grattarola de vitesse et croisait si bien son tir de quinze mètres que la balle arrivait dans le coin supérieur droit du but de Pachis.

Pour beaucoup de gens, ce premier but semblait devoir être le premier d'une longue série, tant l'O.M. opérait maîtrisé et tant les Cannois faisaient "amateurs".

Mais la longue domination de l'O.M. que l'on peur évaluer à 30 minutes en premier mi-temps et à ... 43 en seconde, allait s'avérer totalement stérile.

Lamberti, en deux temps

Au moment même où mon voisin me glissait à l'oreille : "je ne vois pas comment les Cannois pourraient marquer !", un coup franc de 30 mètres du but marseillais était tiré en force, du droit, par Lamberti. La balle, rebondissait sur lui, et il l'envoyait dans les filets de Peri, d'un maître tir du pied gauche, imparable.

Les Marseillais consternés concédaient ainsi l'égalisation à la 29e minute. Ils allaient subir une baisse de régime et jusqu'à la pause ce sera la partie la plus égale du match.

Une bonne action Farmanian - Tillon - Farmanian, terminée au-dessus ; un tir à côté de Tillon, un drible remarquable de Sansonnetti, mais aussi une percé de Triantafylos pour Cannes, sur erreur de Bruneton, qui donnait le frisson aux nombreux supporters marseillais, tels allaient être les faits marquant de cette période.

Lachot cueille l'O.M....

à froid

Aucun avant marseillais n'avait touché la balle après la pause quand Ipepet, le plus remuant des attaquants locaux, évitait Bruneton et servait Triantafylos. L'ex Stéphanois centrait de façon parfaite sur la tête du grand Lachot, qui devançait l'intervention de Peri et inscrivait le second but des Azuréens...

Mais rien e semblait perdu pour les Marseillais qui se mirent à dominer copieusement leurs hôtes.

D'entrée Pachis plongeait dans les pieds de Tillon. Trois minutes plus tard, Boulle poussait trop loin sa balle et ne profitait pas de l'excellent travail de Sansonnetti. L'O.M. accumulait les corners et Pachis.. les interventions

Enervement

Quelques accrochages entre Molla et Lachot, puis entre Farmanian et Flamant énervaient le public... M. Tirant sifflait de plus en plus et pas toujours à bon escient.

Cette ambiance n'était pas fait pour avantager l'O.M., qui avait le jeu à faire et retard à combler.

A la 68e minute, Tillon, bien servi par Farmanian, ne tirait pas assez fort. Pachis freinait la balle, puis la contrôlait... A la minute suivante, Grattarola sauvait sur sa ligne, à la suite d'un retourné de Sansonnetti, excellent en seconde mi-temps.

L'atmosphère était de plus en plus tendue.

Un centre de Heynard occasionnait un cafouillage indescriptible devant le but de l'O.M.et Laugier tirait sur la transversale.

Laugier rate

la balle de match

Si Laugier avait été Andersson, le match ne se serait pas terminé dans le tumulte. Une percée de Triantafylos le mettait en possession de la balle à 5 ou 6 mètres de Péri, et il l'envoyait mollement ... 5 ou 6 mètres à coté.

Pachis et Béraudo K.O.!

A la 75e minute, Farmanian lance Sansonnetti qui réussit à envoyer la balle vers le but cannois. Pachis se lance à corps perdu et blesse son coéquipier Béraud, tandis que la balle roule à côté.

Les deux hommes devront sortir. Les Cannois jouent à 9, tandis que la foule hurle à la mort, on se demande bien pourquoi, les Marseillais n'étant pour rien dans cet accident.

Rien à faire !

Triantafylos ayant prit le maillot du gardien, les Cannois firent face vaillamment durant le dernier quart d'heure, les assauts marseillais étant plus généreux que valeureux

Mieux même, Tillon ayant expédie de la tête sur la transversale une balle en corner, Grattarola lui rendra la politesse en tirant sur le montant un coup franc à 20 mètres.

Ipepet et Lachot seront dangereux jusqu'au bout. La foule fera une "bronca" aux Marseillais et à l'arbitre à leur sortie du terrain... On se demande bien pourquoi ! Bilan négatif de la journée : deux points perdus pour l'O.M. deux joueurs pour Cannes !

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UN VIEUX SLOGAN DE NOUVEAU D'ACTUALITE

L'O.M. domine mais ne marque pas

(D'un de nos envoyés spéciaux : Maurice FABREGUETTES)

Le stade des Hespéride a toujours ses treize palmiers, son cadre de verdure bucolique et ses installations vétustes qu'inondait hier après -midi un soleil sans égal en France surtout en cette saison.

Mais les quelques supporters marseillais qui se trouvaient comme perdus dans cet ancien temple u football azuréen n'ont été convaincus ni par le jeu de leur équipe, ni par le style de sa rivale.

Leur impression rejoignant entièrement la nôtre, était que l'O.M., même handicapé par les absences combien préjudiciables d'Oliver, d'Eschmann et de Léonetti venait de laisser échapper une occasion inespérée d'enrichir son actif d'au moins un point.

Car il faut bien le dire, cette équipe cannoise, sans doute ardente et courageuse, sans doute chaudement encouragés par son public, ne nous a pas paru tellement supérieure à une bonne formation disputant le championnat de France Amateur.

Les suites de l'accident

Qui plus est, cette équipe à la fois heureuse et infortunée, fut réduite à neuf joueurs à un quart d'heure de la fin.

Nous nous trouvions ainsi, une fois de plus, dans la même situation que le dimanche précédent, lors de l'O.M. - Troyes.

Et l'on s'aperçut de nouveau que l'équipe jouant à onze paraissait plus embarrassée par son avantage numérique que sa rivale handicapée par s on infériorité du moment.

Il convient cependant d'ajouter, dans le cas particulier de ce Cannes - O.M., que le choc Pachis-Béraudo fut si brutal et si soudain qu'il coupa littéralement les jambes des vingt joueurs restant sur le terrain.

En fait ce dernier quart d'heure fut pratiquement neutralisé par le spectaculaire accident qui l'avait précédé. Tellement bien neutralisé que le gardien improvisé Triantafylos n'eut guère qu'une occasion pour faire valoir sa détente et sa sûreté des mains.

Mais si nous passons volontiers sur ce dernier quart d'heure qui n'eut plus de football que le nom, il n'en reste pas moins qu'à la 75me minute, l'O.M. était mené par 2 à 1, le plus régulièrement du monde par la modeste équipe cannoise.

L'O.M. domine

mais ne marque pas

Que s'était il donc passé ?

Rien de bien sensationnel, soyez en persuadé. Un match assez gentiment disputé sur un rythme relativement rapide, mais un peu trop émaillé de passes approximatives et d'actions inachevées pour mériter vraiment le qualificatif de bon ou même d'intéressant.

L'O.M. chaque fois que ses joueurs se comportaient avec le calme et la maîtrise de véritables professionnels, dominait de la tête et des épaules.

Malheureusement, faute de changement de vitesse au moment du tir, cette domination fut généralement stérile, sauf en une seule occasion.

On voyait du haut des tribunes, les demis oemistes mener le jeu presque à leur guise au centre du terrain. Farmanian lancer ses avants de pointe loin avec assez de bonheur... mais arrive la, finie la fête.

Presque automatiquement l'attaque marseillaise venait s'embourber dans les pieds d'une défense cannoise pourtant assez perméable.

C'est cette impression d'impuissance à tirer et, par suite, à marquer de la ligne d'avants de l'O.M. qui a caractérisé cette rencontre.

Une rencontre qui, du moins sur ce point, ressemble étrangement à la première mi-temps de l'O.M. - Troyes.

Faute de savoir marquer des buts, l'équipe marseillaise vient de perdre, en huit jours 2 ou 3 points, qui n'auraient pas dû lui échapper.

Les remplaçants

n'ont pas déçu

Si encore nous pouvions dire : " Oui mais les remplaçants furent catastrophiques !"

Or ce n'est pas vrai.

Farmanian sans faire oublier Eschman ou Leonetti n'exagérons rien, fournit un match un peu plus qu'honorable, un bon match même.

Sansonetti après avoir débuté timidement, finit très fort, et sur l'ensemble de la partie, il fut au moins égal de Durand et surtout de Boulle, ce dernier très décevant.

Quant à Tillon, il marqua un très joli but et, en définitive, ne comportant avec assez de bonheur.

Derrière, après Molla, nous avons surtout noté Peri plus sobre et plus sûr que Bruneton.

Nous pensons que Peri, Molla, Tillon et Farmanian furent hier après midi, les seuls marseillais méritant la mention bien.

Les deux arrières tirèrent leur épingle du jeu, mais tout juste ; et Pierre Peri aurait été irréprochable s'il ne s'était lui qui dispose de ses mains, laissé surprendre par la tête de Lachot.

Dans la fougueuse mais inexpérimentée équipe cannoise, on a noté le goal Pachis très doué, mais trop impulsif ; Beraudo, le rude, Flamant, Ipepet et Lachot.

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Comment les cannois ne furent plus que 9

Nous étions à 15 minutes de la fin. L'O.M. dominait depuis le but de Lachot, mais les Cannois venaient de contre attaqué. La balle soudain échût à Farmanian très replié. D'un service long, l'inter olympien alerta son attaque, très loin au centre.

On vit alors trois hommes : Pachis, Beraudo et Sansonetti se ruer vers la balle, le gardien cannois effectuant même un magistral vol plané...

... Et ce fut le télescopage, auquel Sansonetti et le ballon ce dernier sortant en camp, échappèrent de justesse.

Mais Pachis et Béraudo restèrent étendus sur la pelouse. On tira Pachis derrière ses buts, tandis que Beraudo était amené aux vestiaires d'abord, à l'hôpital ensuite sur une civière.

L'arrêt de jeu consécutif à ce spectaculaire accident dura cinq minutes ; et c'est le blond Triantafylos qui endossa le maillot de gardien de but.

Aux dernières nouvelles, Beraudo souffrait d'une entorse du genou et Pachis, pus simplement, d'un gros hématome à l'oeil gauche

 

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