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Résumé du Petit Provencal

du 26 décembre 1933

 

AU STADE FERNAND-BOUISSON

 

L'Olympique de Marseille bat

nettement l'A.S. Cannes par 4 à 0

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.... après une partie rapide et disputée

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Assez bonne chambrée, hier, au stade Fernand Bouisson, pour assister à la première partie retour des championnats de France professionnels qui mettait en présence des Olympiens locaux, les représentants l'A.S. de Cannes.

La rencontre, comme sa devancière, fut intéressante en tous points. Techniquement des deux équipes, ardeur et puissance des vingt-deux hommes, tout contribua à tenir en haleine pendant 90 minutes, les spectateurs de ce beau match. Marseille n'avait eu qu'un jour de repos depuis son match contre Rennes, et l'on se souvient du train rapide qui caractérisa cette rencontre.

Cannes voulut certainement profiter de ce handicap des locaux et mena dès la mise en jeu à une allure formidable. Les Olympiens résistèrent, la furia cannoise fut endiguée par la sureté de la défense locale, tandis que l'attaque, malgré sa belle forme, n'impressionnant pas comment les forwards visiteurs. Et cela tient à ce que Trees, dont c'était hier la rentrée au poste de demi-centre, eut la moitié du premier half pour se mettre à l'unisson de l'équipe et faire rendre à la machine olympienne tout ce dont elle était capable. Et puisque nous parlons de Trees, nous déclarerons que nous l'avons revu avec plaisir et que nous pensons qu'avec lui l'O.M. a, enfin une équipe homogène.

Donc la première mi-temps se termina les deux équipes ayant fait jeu égal, mais avec un léger avantage territorial aux visiteurs, alors que le score était de 2 à 0 en faveur des locaux.

À bien peu de chose, cependant, tint que les Cannois aient marqué. Ils eussent mérité, tant leurs combinaisons furent belles, et leur malchance grande. Di Lorto, en effet, fut maintes fois alerte et se tira fort bien de sa dure tâche. D'un autre côté, Roux fut aussi à l'ouvrage et ne pouvait rien aux deux buts qui lui furent marqués.

Le deuxième mi-temps débute très fort aussi, mais après quelques minutes d'observation, les olympien prenne la direction des opérations et étalent toute la gamme de leurs belles combinaisons faites de larges ouvertures et de passes précises.

Les Cannois, qui soufflent un peu, ne désespère pas, et repartent à l'attaque à toute occasion qui leur en est fournie. Ils se heurtent à un trio défensif impeccable et le dernier quart d'heure est joué par eux dans l'unique but de ménager le score.

L'arbitrage de la partie, confié à M. Olive de Tourcoing, fut à surprises est assez incohérent.

À Cannes, excellent team dont on ne s'explique pas très bien le classement, dans la compétition nationale. Ce qui domine dans le onze, c'est la ligne intermédiaire qui fut coriace et montra une ardeur acharnée. Bons en attaque, se repliant avec beaucoup d'aisance, ils sont l'âme de l'équipe. Aux avants, Bardot fit de très belles choses ; Mills et Hillier s'entendant très bien, furent souvent dangereux, mais malheureux dans les conclusions de leurs efforts. Fecchino et Calecca complétèrent avec assez de bonheur cette ligne. Les backs Cornelli et Dutheil eurent énormément d'ouvrage. Ils durent enrayer de nombreux offensives et se tirèrent avec honneur de leur difficile mission. Enfin, Roux dans le bois fut spectaculaire à souhaits et fit preuve d'une rapidité d'exécution étonnante.

À l'Olympique, Di Lorto effectua une bonne partie, il fut également servi par assez de bonheur ; il eut des arrêts magnifiques et parfois périlleux. Nous constatâmes avec plaisir que Kurka tient en ce moment, une excellente forme, qui fait de lui un arrière très sûr. En sa compagnie, H. Conchy fit sa partie habituelle, c'est-à-dire qu'il eut l'occasion de sauver bien des situations délicates et il le fit bien. Aux demis, Charbit, Trees et Rabih conjuguèrent bien, ils forment à eux trois une ligne solides sur laquelle l'on peut compter. Ils eurent beaucoup de précision et d'à-propos dans leurs services et leurs ouvertures. Enfin les avants présentent actuellement une attaque comme il y a longtemps que l'O.M. n'en avait procédé tant par sa rapidité d'exécutions, que par sa technique et son homogénéité. Il serait souhaitable que la ligne demeure longtemps dans la forme et dans les conditions où nous les vîmes hier.

LA PARTIE

Le départ est très rapide, Cannes engage à fond et joue dans les bois locaux. La réaction est immédiate et au bout de quelques minutes seulement, Zermani obtient un coup franc pénalisant Cler. Charbit botte ; Alcazar reprend de la tête, mais Roux bloque. Sitôt après, c'est Hilier qui shoote un coup franc stoppé par Di Lorto.

Un shoot de Mills est renvoyé du poing par Di Lorto. Trees plein d'ardeur, pour dégager son camp, tire en direction de ses propres filets, son shoot puissant passe de peu au-dessus de la transversale ; le corner qui s'ensuit ne donne pas de résultat.

Après de nouvelles descentes cannoises, notamment par Bardot, une ouverture est faite sur Zermani qui centre ; Alcazar reprend de voler et bat Roux malgré un beau plongeon. Il y a 25 minutes que l'on joue.

Nullement démoralisé, Cannes repart à l'attaque, mais l'O.M. semble s'être ressaisie. Kohut est servi ; il centre une balle devant les buts cannois ; Zermani shoote, Roux renvoie, Alcazar récidive sur ce renvoi, la balle ne passe pas, Boyer à son tour essaie sa chance, résultat : un corner sans dommage. Cette phase fut très émouvante et est suivie avec quelques minutes d'un magistral blocage de Roux, d'un shoote pourtant bien ajusté de Kohut. Les applaudissements sont nourris et mérités.

À la suite d'une erreur d'arbitrage, Di Lorto, à genoux, manque le ballon qui frappe devant lui, rebondit sur sa tête, et passe de peu au-dessus des filets. Les locaux ont eu chaud et les Cannois ne méritaient pas cet déveine à la suite de plusieurs offensives bien amenées par Hillier et Mills.

La fin approche, Eisenhoffer, en possession de la sphère, lance dans le trou Zermani bien placé botte, la transversale renvoie mais alcazar, qui a suivi bat imparablement et pour la deuxième fois le gardien visiteur.

Sitôt la remise en jeu, le half est sifflé.

Après une minute de jeu seulement depuis la reprise des hostilités, l'arbitre sanctionne bien trop sévèrement par un pénalty une faute de Trees. Il est botté par Cler, qui met au-dessus. À ce moment l'O.M. prend la direction des opérations et force la cadence.

Cannes a cependant de belles réactions, Fécchino, en possession de la balle va battre Di Lorto : il en a tout le temps, il s'approche du keeper local, il s'en approche trop car son shoot et dans le champ d'action de Di Lorto, qui met en corner. Suivent une série de corner et de coup franc en faveur et au détriment des deux équipes.

Bien lancé par Trees, Kohut déboule sur la touche et centre ; Zermani s'il eût repris de volée, eût certainement battu Roux, mais sa temporisation lui ont fait perdre l'occasion. Sur le botte d'un corner contre Cannes, Alcazar placé au milieu des visiteurs, est chargé irrégulièrement et c'est le penalty.

Rabih ajuste le ballon ; au moment où il shoote, Hillier lui lance une poignée de terre, l'arbitre arrête tout comme l'avait fait Roux. Le penalty est recommencé, et cette fois Roux ne peut rien au bolide de Rabih.

Roux met en corner un shoot à bout portant de Kohut, qui mit hier le keeper cannois à rude épreuve.

Enfin à la 35e minute, après une belle conjugaison répétée d'Alcazar et de Boyer, le premier nommé porte à quatre la marque des locaux.

Cannes voudrait, sinon remonter le handicap, du moins à sauver l'honneur. Quelques tentatives de Bardot et de Mills sont arrêtés par Kurka en excellente condition. Les locaux poursuivent leur action, ce que voyant les Cannois jouent la touche et une défense acharnée pour que le score ne soit pas augmenté.

La fin de la partie est sifflée peu après sans changement au tableau

P. EVIN

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 Résumé du Petit Marseillais

du 26 décembre 1933

 

 

 

 

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