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Résumé du Petit Provencal

du 15 avril 1938

 

Marseille jouera la finale de la Coupe de France

HIER AU PARC DES PRINCES

L'Olympique de Marseille

a battu Le Havre par un but à 0

Paris, 14 Avril

Match d'usure, match mémorable, disputé par deux formations ardentes décidées, animées d'une égale volonté de vaincre.

Le Havre avait misé sur l'absence de Bruhin, brillant pivot de l'O.M. Il est de fait que tout au long de la rencontre, cette absence se fit lourdement sentir, malgré la valeur de Gonzales.

Le jeu très rapide dès le début, conserva sa cadence, son rythme, jusque vers le milieu de la deuxième mi-temps, moment ou Le Havre accusa un léger fléchissement. Mais auparavant les Normands donnèrent une brillante réplique aux joueurs de l'O.M.

Appliqués à détruire puis à construire ensuite, les deux onze confectionnèrent un football qui dépassa de cent coudées l'autre demi-finale de laquelle Metz sortit vainqueur. Jeu rapide, ai-je dit. La balle voyageait d'un camp à l'autre avec une vélocité telle qu'il n'était pas rare d'assister à deux attaques opposées dans l'espace de quelques secondes. A cette allure, les acteurs du débat émoussèrent petit à petit leur énergie. Match d'usure, de décomposition. La première mi-temps fut parfaitement égale.

Tour à tour chaque équipe imprima sa marque. Mais alors que l'on supposait plus de rapidité et moins de technique du coté normand, on constata que l'art du dribble, du renversement d'attaque et de la percée en forte leur était familier. S'adaptant aux circonstances avec une grande rapidité, l'attaque havraise sema souvent la crainte dans le camp phocéen. D'autant plus que sur deux centre-shoots de Waggi, Vasconcellos n'avait pas montré toute la sûreté désirable. Par contre, Ben Bouali et Conchy opposèrent chaque fois une barrière victorieuse aux entreprises havraises.

Vasconcellos et la chance

Dans cette première partie de jeu, les Normands eurent certainement de meilleures occasions de marquer que leurs opposants. La chance favorisa Vasconcellos. C'est peut être la raison qui le fait préférer à Pardigon. Quant à moi, je considère que ce dernier même en étant moins heureux aurait du moins fourni une meilleure exhibition.

Donc le jeu fut maintenu à une allure très vive. Il était à ce moment à peu près impossible de trouver une fissure dans les deux formations. Jeu égal partout, dans toutes les lignes territorialement aussi.

Qu'allions constater par la suite. Du côté O.M. j'avais déjà remarqué le labeur formidable de Donnenfeld opérant très en retrait. Soutien du trio intermédiaire de Gonzales jouant à une place inaccoutumée.

A la reprise même physionomie, mais Asnar peinait visiblement laissant ainsi à Olej une tâche écrasante qu'il remplit d'ailleurs avec satisfaction.

Cependant, Nemeur colle à la balle, rétablit des situations dangereuses, suit Lecointe, Frigerio, Olej se dépense, lance à plusieurs reprises Kohut qui se joue à maintes reprises de Rabiah. La défense veille et intervient avec succès. Le havre n'a pas encore accusé son moment de défaillance. Nemeur déjà cède et Witta organise l'attaque, fonce, bouscule, crochète et donne à ces coéquipiers. Vasconcellos se retrouve sur un shoot bolide à ras de terre de Frigerio, réussit le miracle de mettre en corner. La balle est toujours disputée avec une ardeur farouche.

Quelques arrêts et coups francs témoignent de la rudesse des chocs.

Défaillance havraise et but de Kohut

Brutalement la résistance havraise a faibli. L'O.M. a senti dès le début cet état de déficience général. Il accentue sa pression facilitée par les maladresses normandes. Bastien capte une balle qu'il adresse à Zatelli. Ce dernier dans le style qui lui est coutumier, déborde une défense qui clame à tort le hors jeu et marque un moment d'hésitation. Poursuivant son effort, Zatelli transmet à Kohut qui marque alors sans peine, l'unique but de la rencontre. But de la victoire, but précieux, qui permet à l'O.M. de jouer la finale.

La remise en jeu voit Nemeur à l'avant centre. Encouragés par une colonie très importante de Normands. Le Havre repart farouchement à l'attaque. Deux corners récompensent leurs efforts. Vasconcellos intervient brillamment. Un shoot de Asnar est facilement bloqué par Schlegel. La fin arrive sur un résultat qui aurait très bien pu être inversé.

Considérations

L'O.M. a trouvé devant lui un adversaire à sa taille, et qui lui a disputé l'enjeu de la rencontre beaucoup plus qu'il ne le prévoyait. Je ne crois pas exagérer en disant que ce fut un match d'usure, car de part et d'autre les chances jusqu'à la fin furent égales. Peu ménagers de leurs efforts, les deux onze terminèrent la rencontre dans un grand état de fatigue. Les défenses n'ont rien à se reprocher. Elles formèrent toutes deux un bloc infranchissable, une barrière solide.

Ben Bouali et Conchy doivent avoir un part égale dans les louanges. Bastien et Olej accomplirent un dur et tenace labeur.

Le premier comme à l'ordinaire fut très précieux, se repliant sans cesse, acceptant la lutte pour la possession de la balle, se portant à l'attaque sans faiblesse. Alors parfois Bastien commit l'imprudence de dribbler ses adversaires quand il était encore sous le coup de la menace. A deux reprises la balle lui fut subtilisée.

Olej a joué une très bonne partie. Ayant à lutter contre un Nemeur en excellente forme, il entreprit avec ce dernier une bataille qui très souvent tourna à son avantage. Nombre de ses services à Aznar et Kohut touchèrent le but qui leur était assignée.

De la ligne d'attaque j'ai déjà dit tout le bien que je pensais. Donnenfeld qui comprend à merveille son rôle d'intérieur et le fait jusqu'au bout sans défaillance participa indirectement à la conclusion de l'offensive menée par Zatelli et victorieusement terminé par Kohut.

Ce dernier répugne évidemment à la lutte pour la balle. Mais quelle menace quand il possède l'ustensile. Rahbia et Cleron n'arrivèrent pas toujours à boucler le fameux ailier. Zatelli étroitement marqué par Porolny parvint néanmoins à afficher un football plein de qualités. Il lâcha souvent son garde de corps, semant la crainte dans le camp adverse, affolant la défense ou Jasseron se signala particulièrement.

Weisskopf eut en Fievet un opposant tenace et accrocheur qui ne se laissa pas tellement prendre en feintes. Weiskopf rata un but par excès de précipitation. A sa décharge soulignons que la balle bottée de loin arriva mollement et avec effet. Cependant rien ne s'apposait à ce moment son entreprise. Il avait tout le temps pour bloquer et shooter ensuite.

Asnar que je ne voulais point accabler, est en baisse sérieuse de forme. Ce joueur a fourni une saison très chargée. Le repos lui serait salutaire. S'il veut participer à la finale, il doit l'observer jusqu'à ce grand jour.

M. RAFFAELLI

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Les équipes

O.M. : Vasconcellos, Ben Bouali, H. Conchy, Gonzales, Olej ; Weiskopff, Donnenfeld, Zatelli, Asnar, Kohut.

Havre AC : Schlegel, Cleron, Jasseron ; Rahba, Powolny, Fievet ; Lecomte, Nemeur, Frigerio, Witta, Waggi

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Interviewes

M. Blanc - J'étais inquiet en raison de l'absence de Bruhin. Nous avons gagné, mais Le Havre a fourni une partie vraiment admirable. Faut il dire que nous essaierons de faire mieux ou aussi bien la prochaine fois.

Eisenhoffer - Nous sommes heureux, mais quelles émotions. Je n'en suis pas encore remis. J'avais hâte que ce soit fini. Le havre est une rude équipe qui aurait très bien pu gagner. En tout c as sa place en première division n'est pas usurpée.

Bruhin affiche une joie qu'il voudrait cependant dissimuler et nous dit qu'il sera rétabli pour jouer la finale.

Malgré leur fatigue les olympiens ne cachent pas leur bonheur. Ils sont heureux. On le serait à moitié.

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Résumé du Petit Marseillais

du 15 avril 1938

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Photos diverses

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Miroir des sports

du 20 avril 1938

 

 

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Résumé de Ouest Eclair

du 15 avril 1938

 

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