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Résumé Le Provencal

du 08 janvier 1968

 

L'arbitre fait des cadeaux à NICE

ou l'O.M. a bien joué

(De notre envoyé spécial : Maurice FABREGUETTES)

Le ciel été d'azur, mais le vent de Marseille, un mistral extrêmement tourbillonnant qui gêna beaucoup les joueurs des deux équipes.

Ce que nous avions appelé la cuvette du Stade du Ray, n'est, en définitive qu'un simple bol, incapable de protéger la pelouse des caprices du vent.

On attendait une rencontre volcanique, en fait, les quelques incidents qui émaillèrent le jeu méritent d'être qualifié tout au plus de petit séisme.

Nous avions pronostiqué un match nul et c'est très exactement ce qui se produisit. Mais, en toute objectivité, il faut reconnaître que l'arbitre donna un sérieux coup de pouce au destin.

Si le but de l'O.M. fut marqué par Invernizzi dans des circonstances qui ne vaudront que des félicitations à son acteur, celui de Nice nous a paru on ne peut plus discutable.

Voilà les faits :

Loubet s'étant élégamment débarrassé de Zwunka centra de l'aile gauche. Tassone contrôla ce centre avec la poitrine, alors que nul adversaire ne le menaçait. À la surprise générale, l'arbitre siffla un penalty.

Tassone s'était-il aidé du bras ?

Nous n'en savons rien. Mais de toute façon, dans le pire des cas, c'était le ballon qui allait vers le bras et non le bras vers le ballon.

Santos transforma ce penalty en but et c'est ainsi que l'O.G.C. Nice égalisa sur un coup vraiment douteux.

Ajoutons qu'en fin de rencontre, Bonnel et Destrumelle furent fauchés dans la surface de réparation de façon très suspecte, sans que l'arbitre intervient et vous comprendrez la colère des joueurs et des dirigeants olympiens dans les vestiaires.

Rythme et précipitation

A cette réserve près, le résultat nul est assez équitable. Les deux équipes eurent à peu près le même nombre d'occasions de but : quatre, cinq, pas plus de part et d'autre... et si l'O.M. parut hier supérieur à son adversaire, il le doit à une grande fraîcheur en fin de partie.

Durant les 20 dernières minutes, nous eûmes l'impression que les Olympiens avaient la victoire à leur portée, tellement les Niçois donnaient des signes de fatigue et d'affolement.

Il ne manqua alors aux Marseillais, pour concrétiser cet avantage virtuel, qu'un rien de sang-froid ou de précision.

L'O.M. a su hier, durant la majeure partie de la rencontre, maintenir un rythme de jeu élevé, mais le revers de cette médaille et un excès de précipitation qui nuit encore à la bonne finition des mouvements.

L'O.M. comme nous le faisait remarquer Tassone dans les vestiaires semble avoir trouvé son style mais s'il y a progrès, l'équipe reste encore très perfectible.

Elle est, pour l'instant capable de s'assurer grâce aux efforts de tous, une maîtrise certaine du ballon. Il lui faudrait apprendre à mieux utiliser ce ballon

La moyenne des occasions de but, provenant d'actions concertées, n'est pas en rapport avec l'effort fourni.

Un excellent esprit de corps

C'est cependant, non pas un exploit, mais un bon résultat pour l'O.M. que d'avoir tenu son alter ego en échec sur son terrain. N'oublions pas que depuis le début de la saison, les Niçois n'ont concédé qu'un minimum de points à domicile. Obtenir le partage des points au stade du Ray surtout dans de pareilles conditions, est une excellente chose. On regrettera, par suite, que la victoire de Saint-Étienne à Bordeaux n'ait donné qu'une valeur très relative à ce précieux point pris à l'extérieur.

Comme toujours pareil cas, on félicite l'équipe entière pour son excellent esprit de corps, sa condition physique irréprochable et le sens du devoir de tous les joueurs.

Escale irréprochable

Escale fut absolument irréprochable, toujours parfaitement placé ce qui lui permit de réussir quelques arrêts délicats avec une apparence facilité.

Artelesa, dans le rôle du bétonneur, couvrit ses partenaires avec beaucoup d'autorité. S'il pouvait un peu mieux joue soigner ses services, se serait encore meilleur.

Des quatre autres défenseurs chargés du marquage individuel, Zwunka est indiscutablement celui qui eut la plus mauvaise part.

Prendre e ncharge Loubet, même si celui-ci est isolé, n'est pas une sinécure. Et nous ne croyons pas qu'un autre arrière olympien aurait pu faire mieux que Zwunka, hier.

Djorkaeff qui se mit surtout en valeur pour ces quatre attaques, dont une obligea son partenaire l'équipe de France, Aubour, à lui plonger dans les pieds.

Cependant l'arrière tricolore rata un nombre de passes inhabituel pour lui.

Hodoul et Tassone surent faire front avec beaucoup de détermination. Hodoul avait pourtant en Santos un adversaire particulièrement truqueur.

Novi en super-forme.

Novi dans une forme physique qui fait plaisir à voir, fut le grand maître du milieu du terrain en fin de rencontre.

Un trop grand désir d'accélérer la cadence, l'empêcha de tirer le meilleur profit de cette situation.

Joseph, durement marqué par Serrus et Isnard, l'un relayant l'autre, eut tout de même assez de présence d'esprit pour, profitant d'une erreur d'Aubour, donner à Invernizzi le but qui aurait dû être celui de la victoire.

Invernizzi réussit une de ses reprises de volée qui font date dans la vie d'un joueur. Certes le ballon été franc la trajectoire favorable, mais enfin, il fallait le faire.

Bonnel et Destrumelle se battirent de bout en bout mais ils se ne furent jamais dans ce que l'on appelle un bon coup.

Dans une équipe niçoise qui ne justifia jamais son classement, on remarqua après Loubet, tête indiscutée et indiscutable de l'équipe les solistes Segarra, Serrus et Isnard sans lesquels l'édifice ne serait effondré en fin de rencontre.

On nous a dit, ici et là, beaucoup de mal de l'arbitre.

Ajoutons, tout de même, qu'arbitrer en 1968, alors que tout le monde triche à qui mieux - mieux, n'est pas si commode...

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Pour l'O.M. c'était bien parti !

NICE 1 - O.M. 1

NICE - Stade Léo Lagrange, à Nice, vent froid, balayant le terrain dans la longueur. Pelouse légèrement bosselée. 14.000 spectateurs ; recette 92.082 fr.

Arbitre M. Rios.

LES BUTS :

Pour Marseille : Invernizzi (34me minute) : pour Nice : Santos (52me minute).

LES EQUIPES :

L'O.M. : Escale Tassone, Artelesa, Zwunka, Djorkaeff, Hodoul, Novi, Destrumelle, Bonnel, Joseph, Invernizzi.

Nice : Aubour, Albert, Serrus, Isnard, Rodzyk, Santos, Bruneton, Segara, Fioroni, Loubet, Serra.

Douzième joueur : Issembe

Les équipes se présentaient dans les formations annoncées et comme on s'y attendait généralement, le match débutait d'une manière extrêmement serrée.

La première action dangereuse était menée, curieusement par Isnard qui remontait tout le terrain, réalisait un une-deux avec Loubet, lequel passait le ballon à Fioroni qui, de son aile droite, décochait un tir de l'extérieur qui frôlait le poteau opposé des buts d'Escale.

Cependant, profitant du vent, les Marseillais dominaient légèrement et, à la 16me minute sur un centre de Tassone, Aubour lâchait la balle devant Joseph... sans conséquence pour les filets. Il la lâchait encore une fois sur un tir de volée de Bonnel (19me minute) après quoi, Bruneton, victime d'un choc, sortait, remplacé par Issembe.

À la 31me minute, Aubour sur un tir appuyé de Novi, lâchait encore une fois la balle devant Joseph lequel, trois minutes plus tard devançait la sortie du gardien niçois sur la gauche du terrain, centrait impeccablement sur Invernizzi qui, de volée ouvrait magnifiquement la marque pour l'O.M.

Les Niçois réagissaient automatiquement et à la 41me minute, Loubet ouvrait excellemment sur Serra en position d'avant-centre. L'ailier gauche niçois égalisait, mais il était parti légèrement hors-jeu et l'arbitre refusé très justement ce but.

Un penalty imaginaire

Dès la reprise et avec l'aide du vent, les Niçois dominaient à leur tour.

Dès la 42me minute, Escale arrêtait somme toute facilement, un bon essai de Santos.

La défense marseillaise était cependant aux abois à la 52me minute, Loubet réussissait à feinter fort justement Zwunka son garde du corps, sur l'aile gauche.

Son centre a priori inoffensif, trouvait Tassone à la réception, dans la surface de réparation. C'est alors que l'arrière droit marseillais victime d'un mauvais rebond, touchait malheureusement la balle de la main et provoquer une division ahurissante de M. Rios.

En effet, l'arbitre accordé le penalty et Santos égalisait pour Nice, à la 52me minute. Par la suite, le jeu se cantonnait au milieu du terrain, les défenses prenant régulièrement le meilleur sur les attaques.

Pourtant, sur une hésitation de l'Isnard, Invernizzi récupérait le ballon dans les 18 mètres niçois, mais Aubour le contrait astucieusement (75me minute).

Enfin, à la 79me minute, sur une passe en cloche de Serra, Loubet trouvait suffisamment de chance pour s'échapper, mais il tirait à côté de la cage d'Escale.

Pour les gardiens de but c'était la dernière alerte sérieuse d'un match qui se terminait avec beaucoup moins de passion qu'il n'avait commencée.

Désiré CARRE

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M. Leclerc : "C'est un scandale"

NICE - Dans les vestiaires de l'O.M. la joie le disputait à la déception. Reflétant l'opinion générale M. Leclerc devait nous dire : "C'est un scandale. Accorder un penalty pour ce qui était ni une faute, ni une erreur, était faire à nos amis niçois un cadeau royal.

"D'autant plus que le même arbitre, s'il siffla un nombre incalculable de coups, oublia, en fin de rencontre, les charges irrégulières dont furent victimes en pleine surface de réparation, Bonnel et Destrumelle.

"Enfin, nous avons tout de même obtenu un match nul, ce qui est pour moi est un résultat favorable. Désormais notre équipe me paraît capable de poser des problèmes à tout le monde, et je ne le désespère pas que nous puissions remonter un peu l'important retard qui nous sépare de Saint-Étienne.

"En tout cas, rendez-vous dimanche prochains à Arles, car si nous jouons comme aujourd'hui, je pense que nous battrons, sans trop de mal les Nîmois".

Robert Domergue faisait le point devant le micro d'un poste de radio : "Certes, je ne dirai pas que c'est encore parfait, mais le constate que mon équipe est en net progrès, alors que jusqu'à présent, elle n'avait tenu son meilleur rythme que pendant une mi-temps. Aujourd'hui elle a joué du commencement à la fin sur le même rythme. Sans ce penalty inconsidérablement accordé par arbitre, nous aurions certainement gagné".

Tassone était le plus malheureux des joueurs olympiens : "Je ne comprends pas cette histoire de penalty. Loubet venait de centrer, j'ai contrôlé normalement le ballon avec la poitrine, il n'y avait aucun adversaire autour de moi, donc aucun danger de but, et quand l'arbitre à siffler penalty, les bras m'en sont tombés"

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Pancho GONZALEZ :

"Un match nul équitable"

Dans les vestiaires, Pancho Gonzalez n'était finalement pas mécontent du match nul. Avant d'évoquer la sévérité de la décision de M. Rios, à propos du penalty de la 52me minute, il évoquait le but refusé à Serra pour hors-jeu, à la 41me minute.

Enfin, constatant que son équipe avait eu au moins autant d'occasions de buts que l'équipe marseillaise. Il estimait qu'il avait largement mérité le partage des points.

 

 

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