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Résumé Le Provencal

du 11 janvier 1965

 

LES BEAUX DIMANCHES DU STADE VELODROME

De l'O.M. et de LIMOGES

le moins impuissant l'a emporté

Disputer à l'Huveaune, à Vallier ou au stade de la Renaissance à Saint-André, cette rencontre O.M.-Limoges eu vraisemblablement intéressé les 3.000 ou 4.000 personnes présentes dans les gradins du Stade Vélodrome.

Chaque match doit avoir le terrain qu'il mérite.

Celui du Boulevard Michelet de par ses dimensions, les pistes qui l'encerclent et surtout l'éloignement des spectateurs ne convient qu'au grand football.

Un football à l'image de la deuxième ville de France, capital sportif du Sud-Est.

Or, pour l'instant et sans que nous ayons à en rechercher les causes, l'O.M. et la plupart de ses adversaires sont écrasés par le cadre grandiose de leurs exploits. Si nous osons dire.

Du très haut des tribunes, les imperfections du jeu, les passes ratées, les mauvais contrôles, les hésitations, les tirs tire-bouchonnés apparaissent clairement trop clairement et nous ne saurions trop conseiller aux entraîneurs de quitter le petit banc, pour une position plus élevée d'où il verrait mieux l'énormité de la tâche à accomplir.

Nous-mêmes qui, pourtant suivons l'O.M. avec l'oeil de l'ami, sommes accablés par le spectacle de cette infortunée équipe, visiblement surclassés dans ce modeste championnat de deuxième division.

Le match en bref

La partie pourrait se raconter en quelques lignes.

Le F.C. de Limoges pourtant très décevant pour un candidat à la "montée" rata quatre ou cinq buts apparemment très faciles, pour finalement réussir un assez calé.

Un centre de l'ailier droit Boucher, au nez et à la barbe de Barellas repris victorieusement par Nourredine, le petit Tunisien, sous un angle très ferme.

La mi-temps fut sifflée aussitôt après.

En deuxième mi-temps, les Limougeauds devenus conservateurs, entreprirent de garder ce mince avantage, en repliant, devant Remetter tout ce qui pouvait être honnêtement replié.

De la part de la meilleure équipe, c'était une tactique stupide.

Mais si l'O.M. domina autant que faire se peut, la maladresse et la lenteur de ses attaquants furent telles, que le F.C. de Limoges put quitter le terrain avec le bénéfice de deux points, et sous les huées du public.

Limoges a déçu

Nous osons espérer que l'équipe de Limoges, troisième du classement aujourd'hui, était dans un mauvais jour.

La seule excuse : les blessures de Boucher et de Laffon, qui la contraignirent à terminer à 9 et demi.

Mais, quand même elle fut complète, son jeu déçu beaucoup.

Son jeu, ou plutôt l'inexistence de tout jeu.

Remetter semble atteint par la limite d'âge, les deux arrières latéraux Renaud et Maurelet furent faibles. Wognin peu à l'aise au centre du terrain, et les jeunes Meinie et Barret, ne conformèrent pas la valeur qu'on leur prête.

Les meilleurs auront été Boucher avant sa blessure, Noureddine en deuxième mi-temps et l'arrière central Surrey assez imprécis mais défenseur efficace.

C'est assez peu.

L'O.M. en perdition

L'O.M., pour sa part, joue de plus en plus mal.

Nous le savions limité, mais hier, il a dépassé les limites autorisées par les plus indulgents de ses supporters.

Les jeunes et les débutants sont en train de perdre leur peu de latin et les anciens paraissent jouer comme s'ils accomplissaient une corvée.

L'ensemble est, en ce moment, à la portée de n'importe quelle équipe de division d'honneur.

Robinet faisait ses débuts. Mieux vaut ne pas en parler, pour n'affliger personne.

Avellaneda l'entraîneur du Red-Star qui alors qu'il était bisontin avait vendu Braizak à l'O.M. est bien le spécialiste des cadeaux empoisonnés.

Gare au jamais deux sans trois !

Maurice FABREGUETTES

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Un seul but suffit à LIMOGES !

Le seul but du match fut marqué à la 42me minute.

Le rapide et puissant Boucher échappa à Barellas, arrive à la ligne de but, dribble, redribble et réussit à centrer en retrait pour Nourredine qui, d'un coup de patte, battit imparablement Escale.

Les faits marquants

Plusieurs occasions de buts pour Limoges surtout en première mi-temps.

5me minute. Corner de Barret. Déviation de la tête de Nourredine pour Boucher dont le tir bat Escale mais échoue sur Sejnera replié.

6me minute : Sur le renvoi Meinie tire en plein sur le poteau.

22me : Boucher déborde et centre pour Nourredine remarquablement placé face au but, mais qui, piétine et gâche cette occasion.

37me minute, : Boucher tire, Escale dévie. Nourredine reprend... la balle va sur Sejnera qui la détourne en corner.

68me minute : l'arrière Renaud double Boucher sur l'aile droite et exécute un centre qui trompe les Marseillais mais aussi ses partenaires.

85me minute : départ est bon tir de Boucher. Escale plonge et arrête.

Pour l'O.M. quelques actions du jeune Scotti échouèrent de justesse.

20me minute : un bon tir en coin difficilement arrêté par Remetter.

23me minute : lancé par Baulu il tire de peu à côté.

44me minute, il reçoit hélas sur le pied droit à faible renvoi de Remetter sur centre en retrait de Baulu.

Le jeu

Ce fut un bien mauvais match ! On sait depuis longtemps que l'O.M. est malheureusement incapable de construire un football cohérent. On attendait donc Limoges, prétendant à la division nationale. Or Limoges fut très décevant surtout en seconde mi-temps lorsqu'il voulut vivre sur sa maigre avance.

À cet égard, nous ne comprenons pas cette attitude d'une équipe largement supérieure, attitude désapprouvée par son entraîneur Blondel... On ne gagne rien en laissant traîner la balle devant sa cage. Il fallut la grande misère de l'attaque marseillaise pour que Limoges ne soit pas puni de cette mauvaise inspiration. En somme les visiteurs ne justifièrent pas particulièrement leurs ambitions.

Les joueurs

Bien peu qui ne se soient mis en évidence.

Dans l'équipe victorieuse, un homme émergea : l'ailier droit Boucher, rapide et puissant, qui fit, en définitive, la décision.

Avec lui, le petit Nourredine lorsqu'il abandonne les avant-postes, travaille beaucoup et avec habileté.

Des hommes comme Meinie et Barret que nous avons appréciés en d'autres occasions déçurent fortement. La défense nous parut faiblarde.

Il est difficile de parler des joueurs de l'O.M. Escale fut impeccable. Tassone, Sejnera, Markiewicz, commirent un minimum de fautes. Mais, aussi bien dans le domaine constructif qu'offensive c'est, répétons-le très pauvre.

Incidents

Un arbitre pas toujours bien inspiré M. Mazerand. Malgré cela, une partie fort correcte.

Sans brutalité particulière de la part des Marseillais, deux joueurs visiteurs furent blessés. Boucher d'une entorse à la cheville en faisant marquer l'unique but du match. Laffon, également à la cheville, en fin de partie.

Le public

Il s'amenuise, il s'amenuise... 3.804 fr. de recette pour 3.675 spectateurs.

Louis DUPIC

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Maurice BLONDEL : "Nous avons raté trop de buts en première mi-temps"

Après que Delcampe, le vétéran courageux, ait fait pousser assez camarades le cri de guerre et de victoire du club, les Limougeauds se penchèrent sur leurs blessés.

Boucher, l'ailier droit, souffre d'une forte entorse à la cheville, résultat malheureux du centre heureux ayant permis à Noureddine de marquer le seul but du match.

Laffon, le demi, se plaignait de ne pouvoir remuer son pied droit. Après examen, fait par le docteur Luciani, ce ne serait pas grave.

Maurice Blondel, souriant entraîneur, nous a déclaré :

"Par manque de chance et d'adresse, nous avons manqué trop de buts en première mi-temps, si bien que, en fin de rencontre, nous avons du subir la pression des Marseillais".

À Remetter le mot de la fin :

"Des équipes comme celle de l'O.M. et la nôtre, il y a au moins cinquante en France

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Mario ZATELLI : "C'est à moi qu'on s'en prend !"

Mario Zatelli était très peiné après le match et disait à ses joueurs : "Vous dans le fond, vous êtes "tabous". Maintenant c'est à moi que le public s'en prend !"

Le docteur Luciani admettait : "Nous sommes vraiment très faibles !"

Quant aux joueurs, leurs opinions sont toujours marquées de leur optique personnelle.

Les uns s'en prenaient à l'arbitre ; d'autres à la tactique défensive, utilisée par Limoges en seconde mi-temps.

Limoges cinquième du classement bétonne devant nous, avant-dernier ! C'est la fin de tout...", déploraient-ils...

 

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