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Résumé Le Provencal

du 04 mai 1953

 

L'O.M. avait bien débuté, mais NICE

en marquant deux buts en 3 minutes

a imposé sa loi (3-1)

(De notre envoyé spécial Alain DELCROIX)

NICE - Le match O.M. - Nice 1953 ne pouvait ressembler à l'édition précédente. L'année dernière (le 25 mai pour préciser), le onze phocéen et celui des Aiglons s'affrontèrent en un duel pathétique et capital. Les Marseillais espéraient éviter les barrages, les Niçois, eux, désiraient conserver leur titre.

Hier, le débat n'avait pas le même relief ; néanmoins, il n'était pas dénué de tout intérêt.

Les hommes de Roessler entendaient se racheter du Waterloo éprouvait contre les Sochaliens ; ceux de Charlie Cros souhaitaient arracher deux points pour éloigner le spectre de la 16me place.

Et le choc passionné, nerveux, tint ce qu'il promettait.

Les deux formations se livrèrent à fond et à aucun moment nous ne vîmes apparaître le moindre soupçon de dilettantisme, dans l'un ou l'autre camp.

Une imprudence niçoise

Les azuréens étaient partis en trombe à l'assaut des bois marseillais, dans l'espoir de prendre un avantage substantiel dès les premiers échanges de balle. C'est alors qu'une incisive contre-attaque phocéenne les plongea dans le désarroi le plus complet.

Les défenseurs "rouges et noirs" commirent une lourde imprudence, ne pratiquant qu'un marquage très large ; ils furent décontenancés par un raide du tandem Scotti - Andersson qui se terminait par un but. Les gardes du corps d'Hairabedian pouvaient faire leur mea culpa sur ce but.

Poitevin s'avérait comme le responsable initial.

Domination azuréenne

Le jeu été plaisante à suivre, disputé avec générosité de part et d'autre ; les joueurs ne ménageaient par leur souffle et le ballon voyageait avec vélocité.

Les poulains de Cros avaient accusé le point réussi par leurs adversaires. Ils cravachaient pour réduire leur retard et, jusqu'aux citrons, ils dominèrent au point de vue territorial de façon outrageante.

Bonifaci, Cesari, Nuremberg mirent tout en oeuvre pour tromper Liberati, mais les "Blancs" faisaient bonne garde.

En définitive, on se demandait après les avoir vu gâcher cinq corners s'ils seraient capables de combler ce modeste fossé.

Coup de Massue

Nous ne pensons pas que durant la pause les Azuréens burent un philtre secret et qu'ils se firent faire quelques piqûres de Bogomoletz. Mais ils revinrent sur la pelouse complètement métamorphosés.

Ils ne se contentèrent plus de progresser en masse vers la cage phocéenne ; ils opérèrent suivant une méthode simple, direct et le résultat ne se fit pas attendre.

Les Niçois, survoltés, enflammés, donnèrent un véritable coup de massue aux footballeurs de Roessler. Deux buts en trois minutes. C'est ce qui s'appelle du rendement. Par la suite, sous l'influence de leurs deux intérieurs Nuremberg e Gudmundsson, les locaux continuèrent à imposer leur loi et ce fut miracle si le score ne fut pas aggravé à leur avantage.

Les Niçois ont mérité leur succès car ils furent les plus volontaires, les plus dynamiques sur le terrain ; mais ils faillirent de peut être obligés de concéder le match nul pour la bonne raison qu'Andersson donna son numéro en fin de partie.

Le Scandinave rageur et décidé, se moqua de la surveillance de Poitevin qui le crocheta à maintes reprises et par ces déboulés dangereux parvint à se trouver seul en position devant le jeune Hairabédian en trois occasions.

On ne donnait pas cher des chances du gardien niçois. Deux fois il se plaça sur la trajectoire ; il réalisa des parades extraordinaires. Sur la troisième il était battu mais la barre était là pour le sauver.

Hairabédian est sans doute imposée à l'attention de ses dirigeants pour la saison prochaine.

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LE MATCH AU CHRONOMETRE

ANDERSSON, NUREMBERG (2), CESARI

Furent les butteurs de ce match

NICE (Par téléphone) - On pouvait craindre que le match O.M. - Nice ne se déroule sous une pluie battante. Pourtant, le ciel a décidé de se montrer clément, et s'il n'y a pas de soleil à l'instant du coup d'envoi, nous sommes assurés (en principe) de ne pas subir une ondée.

Les deux onze se présentent dans les formations annoncées ou presque.

Nice aligne : Hairabedian ; Firoud, Martinez, Bonifaci, Poitevin, Belver, Cuissard, Gudmunson, Cesari, Nuremberg, Ben Tifour.

Un seul changement Belver st préféré à M'jid.

L'O.M. annonce : Liberati ; Gransart, Salem ; Nocentini, Johansson, Scotti, Rustichelli, Lanfranchi, Andersson, Moreel et dard.

Le match débute de façon très vivace. Nice essaie de scorer dès les premières minutes. Le rythme est excellent.

À la 5me minute, Scotti s'empare du cuir, fonce dans l'espace libre. Il n'est pas serré de près ; il passe à Andersson qui trompe Poitevin, sprinte ; Hairabedian sort, plonge et du bout du pied l'avant centre marseillais dévie la balle dans le coin gauche.

La balle entre doucement dans la cage vide.

Une minute plus tard, Bonifaci part seule, personne ne l'arrête ; il tire de près dans sa foulée. Liberati plonge et renvoie.

À la 8me minute, Bonifaci tente sa chance de 30 mètres, mais Liberati, bien placé, est à la parade.

Martinez monte à l'assaut et de 15 mètres, expédié un bolide. Le keeper phocéens stoppe avec autorité.

À la 14e minute, Liberati dégage dans les pieds de Cesari qui ne profite pas de l'occasion.

En position d'inter droit, Nocentini envoie un tir croisé ; Hairabedian ne peut pas bloquer. Andersson manque in extremis la réception.

À la 31e minute, Nuremberg bouscule tout sur son passage ; il fonce irrésistiblement, poursuivi par Nocentini, mais son bolide s'en va dans les nuages.

Nice domine au point de vue territorial, mais les assauts sont trop étriqués.

À la 42me minute, un coup franc de Gudmunson n'est pas exploité par ses partenaires. Et les azuréens obtiennent bientôt leur cinquième corner. Les olympien n'en ont réalisé qu'un seul.

Attaque niçoise.

À la reprise, les Aiglons attaquent soudainement ; Cesari s'échappe sur la droite, il centre vers les 18 m. Un cafouillage inextricable s'ensuit. Nurenberg prend la balle de la tête et marque en plongeant il y a 49 minutes de jeu.

Nice est encore survolté. Son attaque s'enflamme ; Ben Tifour obtient un coup franc à la suite d'une main de Gransart. Il transmet le cuir à Cesari qui rate son shoot, mais la balle doucement, roule vers les filets vides. Liberati étant sorti de façon audacieuse.

Salem se précipite pour dégager mais il arrive trop tard et c'est le deuxième but niçois à la 52me minute.

Le team azuréen est déchaîné et l'O.M. subit sa loi. Bonifaci blesse dard qui se met à boiter. Une contre-attaque phocéenne est menée à la 54e minute par Andersson. Dard shoote à côté. Nocentini et Nuremberg tombent à terre. Nocentini se fait siffler par le public. À la 69me minute, Cesari perce. Il tire. Liberati dégage le cuir avec l'épaule.

Trois minutes plus tard un nouveau assaut niçois est couronné de succès. Ben Tifour file le long de la touche, transmet dans le trou à Nuremberg qui d'un boulet de canon, fusille Liberati.

Nice : 3 - O.M. : 1.

Le public conspue Lanfranchi auquel il reproche avoir poussé Nuremberg qui jusqu'alors n'a pas été trop tendre. Il y a des pugilats sur les gradins.

À la 79e minute, Andersson se dégage de Poitevin et tire de près. Hairabedian est encore là (80me). Nice fait la démonstration et Ben Tifour shoote sur le montant gauche.

À la 85me minute, Andersson rageur expédié un bolide. La transversale et là pour le stopper.

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M. SATTEGNA : "Je me sens beaucoup plus à l'aise

NICE - Dans le camp niçois, on rayonnait littéralement. L'entraîneur Charly Cros nous disait : "Ce fut une rencontre extrêmement rapide. Je crois que les nôtres méritaient leur succès".

Le président Sattegna ajoutait : "A présent, je me sens beaucoup plus à l'aise".

Ailier Ben Tifour nous précisait : "Nous avions débuté contractés : lorsque nous avons marqué, nous avons été beaucoup plus libres de nos mouvements".

Nuremberg s'exclamait à son tour : "Je ne suis pas mécontent d'avoir marqué deux buts".

Chez les olympiens, il n'y avait aucun désespoir.

L'entraîneur Roessler nous confia : "Ils n'avaient pas mal débuté, mais les Niçois se sont montrés les plus forts. Leur victoire ne peut être mise en doute.

Jean Cabassu un des dirigeants, notait : "Nous avons souffert du manque d'activité de deux inters".

Liberati qui, pour ses débuts, n'avait pas mal opérer, nous déclarait : "Je pense que nous ne pouvions faire mieux".

Enfin le capitaine Scotti concluait : "Nous avons perdu comme la saison dernière, par deux buts d'écart, mais cette fois nous n'avons pas envie de pleurer."

A.D.

 

 

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