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Résumé Le Provencal

du 08 octobre 1967

 

UN COUP DE TETE DE JOSEPH

bénéfique à l'O.M. (2-1)

devant dix courageux Lyonnais

Quinze mille spectateurs et peut-être plus, mis en appétit par un tumultueux Marseille XIII - Cavaillon, attendaient du match des deux "Olympiques" une nouvelle "ration" d'émotions fortes.

L'O.M., Joseph Bonnel ayant choisi de faire sa rentrée, alignait l'équipe suivante : Escale, Tassone, Artelesa, Zwunka, Donnat, Djorkaeff, Destrumelle, Casolari, Joseph, Bonnel, Robuschi.

Le premier fait notable était dès la troisième minute un très bon tir de Destrumelle, reprenant de plein fouet un dégagement du poing de Chauveau. La balle passait au ras du montant, puis Chauveau repoussait sans bloquer un centre de Robuschi. Il s'ensuivait une nouvelle situation dangereuse à la 7e minute.

Diminués en attaque, les Lyonnais semblaient s'inspirer du vieux principe "sécurité d'abord", établissant un solide résea udéfensif, garnissant le milieu du terrain et ne laissant en pointe que les seuls Pin et Lekkak.

Une extrême confusion

On était loin de l'excellent O.M. - Valenciennes dimanche dernier.

À la 23e minute, la défense marseillaise ratait passe sur passe et Rambert, dernier servi, tirait de peu à côté, du pied droit. Heureusement pour Escale et malheureusement pour Lyon.

Peu après, Casolari résistait à Degeorges et réussissait un bon centre en retrait que Chauveau et son adversaire Robuschi ne parvenait pas à contrôler (26e minute).

C'est ainsi qu'à la 35e minute Tassone, bien placé dans la surface, était bousculé sous les yeux de M. machin.

Enfin JOSEPH

Il fallut, une fois de plus, un extraordinaire coup de tête de Joseph, sur centre de Casolari pour réveiller le public mais... Chauveau était à la parade et déviait en corner (38e minute).

Nous notions un peu plus tard - ça en valait la peine - la présence de toute l'équipe lyonnaise sa surface ! Puis un tir du gauche de Rambert à droite de la barre (42e minute).

43me minute :

DONNAT en deux fois

Un peu avant la pause, l'O.M. obtenait à la limite, un coup franc donné par Donnat.

Le jeune demi voyait sa balle renvoyée par le mur, mais il la reprenait parfaitement et l'envoyer dans les filets.

Cette réussite du demi marseillais redonna un peu d'optimisme aux conversations de la mi-temps. Après le repos, Lyon revenait avec son numéro 12 Prost, à la place de Kuffer, et la partie continuait, pas plus claire, mais tout aussi acharnée.

58me minute :

ROCCO expulsé

A vrai dire, les accrochages succédaient aux accrochages et M. Machin, à la 57e minute, inscrivait le nom de Rocco sur son petit carnet... Ce bon Rocco se vengeait en fauchant Bonnel dans la surface, et il se faisait renvoyer au vestiaire à la suite d'une troisième intervention suspecte à l'encontre de Robuschi. Deux minutes bien remplies pour le numéro six lyonnais !

60me minute :

LEKKAK égalise

On croyait les jeux bel et bien faits... C'était compter sans Lekkak, qui, servi par Rambert, trompait Escale d'un tir "vicieux" et précise de l'angle de la surface.

Le temps de remettre en jeu et Pin, agressant Robuschi, recevait son petit avertissement. Le plus curieux de l'affaire était bien que l'absence de Rocco passait à peu près inaperçu, les Lyonnais paraissant toujours aussi nombreux en défense... et clairsemés en attaque.

Lekkak, héros visiteur, était à deux doigts de se voir inscrit sur la liste noire de M. Machin aux alentours de la 70e minute. Peu après, au terme d'un sprint éperdu, il contraignait Escale à éloigner le danger du pied.

Puis c'était au tour de Bonnel en bonne position, d'échouer sur Chauveau (73e minute).

La supériorité numérique de l'O.M. allait s'affirmer à l'entrée du carnet quart d'heure.

75me minute :

tête et but de JOSEPH

Les Marseillais obtenaient deux corners consécutifs. La balle voltigeait devant le but visiteur et Joseph était là, à point nommé, pour sauter plus haut que tout le monde et placer un coup de tête victorieux.

La réaction lyonnaise était vive : un tir de Rambert passait près du but d'Escale (82e minute) qui intervenait sur un coup de tête de Schwinn (83e minute). Lekkak obtenait un corner (84e minute), Pin un autre (86e minute), mais force rester à l'équipe la plus nombreuse !

Curieux incident !

Pour dépeindre le climat de tension qui régnait hier soir, il nous suffira de décrire l'incident de la dernière minute. Escale, ballon en main, gêné par Lekkak lui décochait d'un magnifique saut carpé, les deux genoux à la poitrine du menton, réussissant un magnifique k.o. qui valait un penalty !

Jean-Paul, le premier navré de ce réflexe malheureux, ne réalisait pas très bien, au vestiaire ce qui lui était arrivé !

Louis DUPIC

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Le football de combat

dans toute sa splendeur

Il y avait de l'orage dans l'air de cette belle nuit d'automne, hier au Stade Vélodrome.

Après une rencontre de jeu à XIII discutée à la limite de l'extrême violence, une partie de football d'une âpreté souvent pénible.

Handicapé par l'absence de leur tandem international Guy - Di Nallo, les Lyonnais n'étaient pas venus à Marseille, en victimes expiatoires.

De bout en bout - et même quand réduits à 10 après l'expulsion de Rocco à la 56me minute - ils se battirent surtout les points du terrain, avec une énergie que nous aurions qualifiée de louables si elle n'avait été, trop souvent, accompagnée de charges irrégulières.

Comme l'O.M. joua de façon à peu près identique, le jeu fut brouillon, haché de coup franc, de dégagements perdus et de gestes qui ne s'imposaient nullement.

Un beau combat passionnant par son intensité et son indécision, pour ceux qui aiment la bataille des stades. Nous pourrions presque écrire des rues.

Un piètre match, pour ceux qui préfèrent le football.

En nous plaçant à cheval entre les deux tendances, nous écrirons que ce "choc", d'une âpreté parfois coupable, nous a laissé indifférent : mais qu'il y manquait, toutefois, cette part de finesse, d'intelligence, d'harmonie dans le jeu qui fait le charme du football.

Trois exploits individuels

Les trois buts marqués caractérisent le jeu pratiqué. Ils furent le résultat d'exploits exclusivement individuels.

43me : Donnat tire un coup franc pour l'O.M. Le "mur" lyonnais lui renvoie la balle. Reprises et tir foudroyant autant que décisif.

60me : Alors que Lyon vient d'être réduit à dix, Rambert lance Lekkak. Ce dernier à la manière de Bambuck, se détache irrésistiblement, semant Djorkaeff et Zwunka, avant de battre Escale.

75me : Cafouillage devant le but de Lyon. Le ballon fait un bond très haut. Comme propulsé par un ressort Joseph s'élève et marque d'un fameux "coup de boule".

Joseph aurait donc, pour la quatrième fois consécutive, sauvé la mise à son équipe, grâce à ses seules qualités athlétiques.

L'erreur d'Escale

Ce match que l'O.M., avait gagné, Escale faillit le réduire à un match nul à 2 minutes de la fin.

Ayant le ballon entre ses mains dans la surface de réparation, il frappa Lekkak, en plein corps, d'une double ruade les deux pieds, alors que son adversaire faisait une simple action de jeu en essayant de l'empêcher de dégager.

C'était le penalty le plus indiscutable qui se puisse voir sur un terrain de jeu : coup de pied volontaire à l'adversaire dans la surface de réparation.

Quelle sottise, ami Jean-Paul !

L'arbitre, il est vrai, était aveugle.

Ajoutons que l'expulsion de Rocco nous a paru justifiée. La charge de l'arrière central lyonnais, sur Robuschi, était une véritable agression.

Mais l'avertissement donné à ce même joueur par l'arbitre, quelques secondes plus tôt, pour charge sur Bonnel était excessif.

Bonnel et Rambert

On n'a pas le droit de s'étendre sur le jeu et les joueurs après une telle partie.

Le jeu fut, de part et d'autre athlétique et confus.

On vit, la plupart du temps, les joueurs comme tassés sur un tiers ou un quart de la surface de jeu.

Ce qui revient à dire que, des deux côtés, l'occupation du terrain fut mauvaise.

Dans les deux équipes, aussi, on commit l'erreur de trop porter le ballon.

Quand les mêlées succèdent aux mêlées, on doit accorder aux 22 joueurs la palme du courage, se féliciter de l'esprit de corps des deux équipes, parler de conscience professionnelle, mais il est bien difficile, sinon impossible, de sortir les individualités du chaos.

À l'O.M., Bonnel essaya bien parfois de mettre de l'ordre dans la maison, sans pouvoir y parvenir complètement.

Donnat eut le mérite de réussir un tir décisif, et Joseph qui se trouvait là, avec ses 85 kilos, au bon moment.

Casolari lutta de tout son coeur, tandis que Robuschi fut assez malin pour énerver ses opposants, sans attirer les foudres de l'arbitre.

À Lyon, où Chauveau réussit une déviation en corner de classe, sur un coup de tête de Joseph, Rambert, de sa patte gauche de velours, essaya de calmer le jeu, avec une réelle virtuosité.

Il en fallait bien au moins un.

Lekkak impressionna favorablement par sa vitesse et la défense, dans son ensemble, ne commit qu'un minimum de fautes.

Mais tout cela, il faut bien le dire en guise de conclusion, n'est guère convaincant.

Maurice FABREGUETTES

 

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